Un nouveau "Madoff" épinglé dans le Var

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Un nouveau "Madoff" épinglé dans le Var
Quatre millions et demi d'euros ont été retrouvés sur le compte bancaire personnel de l'escroc présumé.@ Reuters
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L'escroquerie de ce courtier en assurances se chiffrerait à 38 millions d'euros.

Après la "Madoff de Touraine", y a-t-il un "Madoff du sud-est" ? C'est en tout cas la conviction des enquêteurs qui ont placé en garde à vue, mardi, trois personnes dont le gérant de deux sociétés de courtage en assurances de Toulon, soupçonné d'une gigantesque escroquerie financière à hauteur d'environ 38 millions d'euros. Cet homme pourrait être mis en examen.

Selon les premiers éléments de l'enquête dévoilés mercredi par le journal La Provence puis précisés par le procureur de la République, près de 600 personnes ont été identifiées à ce jour comme étant les victimes de ce patron de 45 ans. Mais d'autres pourraient encore se signaler.

Un couple varois escroqué à hauteur de 800.000€

Le suspect aurait promis des placements rentables avec des taux de 15 à 20% de rendement. En réalité, il n'a rien investi, si ce n'est sur ses propres comptes. Deux autres personnes, une directrice d'agence et un deuxième courtier sont entendus par la police dans le cadre de cette affaire. Les enquêteurs ont découvert qu'au cours des années 2010 et 2011, les comptes de ce courtier en assurances ont été crédités d'importantes sommes via ses sociétés de Toulon et de La Garde dans le Var.

Environ 15 millions d'euros ont été saisis sur différents comptes avec des ramifications menant jusqu'aux Etats-Unis. Outre-Atlantique, un million d'euros a également été saisi, les enquêteurs craignant une évasion fiscale. Quatre millions et demi d'euros ont également été retrouvés sur le compte bancaire personnel de l'escroc présumé. Un couple varois aurait, par exemple, déjà estimé son préjudice à plus de 800.000 euros. 

Des relevés trimestriels aux victimes

C'est grâce à ses cinq agences de courtages (quatre dans le Var et une dans les Alpes-Maritimes) que l'escroc présumé serait parvenu à profiter de la faiblesse de ses victimes, résidant majoritairement dans le sud-est de la France. La collecte de fonds se faisait essentiellement par le bouche-à-oreille, précise une source judiciaire.

Selon La Provence, il aurait fait croire qu'un organisme dépendant de la Société générale était partenaire. C'est d'ailleurs cette banque qui a finalement alerté le parquet de Toulon le 19 janvier dernier. Son "affaire" était tellement bien organisée, puisqu'afin d'éviter tous soupçons, ce courtier envoyait trimestriellement des relevés d'intérêts à ses "clients".

Le principal accusé de cette escroquerie doit être déféré jeudi devant un juge pour une probable mise en examen.