Un militant FN en garde à vue pour agression imaginaire

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Un militant FN en garde à vue pour agression imaginaire
@ AFP
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Un ancien responsable départemental du parti frontiste est soupçonné d’avoir inventé de toutes pièces une affaire pour dénoncer l’insécurité dans une ville de Seine-et-Marne.

Un membre du FN a-t-il monté de toutes pièces une affaire à des fins politiques ? Adrien Desport, ancien responsable départemental du Front National en Seine-et-Marne, a été interpellé mardi soir pour avoir incendié des voitures et inventé une agression alors qu'il dénonçait sur son blog "l'insécurité" dans sa commune de Mitry-Mory. Le jeune homme de 25 ans ainsi que trois autres militants du FN en Seine-et-Marne et dans le Val-d'Oise ont été "placés en garde à vue" mardi soir dans les locaux de la police judiciaire de Meaux.

Des faits inventés. On reproche au groupe d'amis, âgés de 20 à 25 ans, d'avoir sciemment incendié 13 véhicules, début avril. Cet évènement avait ensuite été dénoncé par Adrien Desport pour dénoncer sur son blog la montée de l’insécurité dans sa commune. La justice lui reproche également d'avoir "inventé une agression" le 28 mars, veille du second tour des élections cantonales auxquelles il était candidat. Affirmant s'être fait agresser dans son véhicule par un homme armé d'une bombe lacrymogène, le jeune homme avait déposé plainte.

"Cela défie l'entendement". Lors de perquisitions aux domiciles des personnes mises en cause, les policiers ont par ailleurs saisi de la cocaïne et plusieurs effets appartenant à la police tels que des menottes, un gyrophare ou une bombe lacrymogène, a ajouté le procureur. "Ce sont des fait qui défient l’entendement, hors motif crapuleux, d’organiser sciemment la destruction d’une dizaine de véhicules pour motif politique", a réagi Emmanuel Dupic, le procureur adjoint de Meaux interrogé par Europe 1. "La contestation doit se faire par les urnes, et en aucun cas par des moyens délictueux qui consistent à faire croire à l’augmentation de la délinquance", a déclaré le parquet. 

Un signalement du Front national. L'enquête avait démarré fin mai suite à un signalement du Front national sur les agissements de son ex-responsable départemental. "Une adhérente du FN a dénoncé en avril des faits dont elle avait été témoin et le parti a déclenché une enquête interne", a relaté à l'AFP une source policière. Le parti frontiste a précisé qu’Adrien Desport a été suspendu il y a une quinzaine de jours. Au total, six personnes devaient être jugées pour leurs implications diverses en comparution immédiate à Meaux pour "destruction volontaire par incendie en bande organisée", "dégradation volontaire de biens privés" et "dénonciation de délit imaginaire". Ils risquent jusqu’à dix ans de prison.