Trois jeunes soupçonnés d'avoir piraté des lignes de police à 68 reprises

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Trois jeunes soupçonnés d'avoir piraté des lignes de police à 68 reprises
L'affaire commence il y a plus d'un an, en septembre 2016. (Illustration)@ GERARD JULIEN / AFP
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En septembre 2016, les policiers de Melun ont commencé à recevoir des "appels incessants" selon la technique du "spoofing", qui consistent à mettre des interlocuteurs en conférence.

Trois jeunes hommes âgés de 17 à 20 ans, soupçonnés d'avoir piraté des lignes d'appel d'urgence de la police à 68 reprises à travers le pays, ont été identifiés par des enquêteurs de Seine-et-Marne, ont indiqué vendredi des sources policières.

L'affaire commence il y a plus d'un an, en septembre 2016. Les policiers de Melun qui reçoivent les appels d'urgence (17) sont victimes "d'appels incessants" selon la technique du "spoofing", qui consistent à mettre des interlocuteurs en conférence. Les fonctionnaires se retrouvent sans comprendre en ligne avec des gendarmes ou pompiers du département, et se voient insulter et menacer par les "pirates" qui s'immiscent dans la conversation.

Trois personnes interpellées en Charente-Maritime. La sûreté départementale est saisie d'une enquête afin d'identifier l'origine de ces appels, qui transitent via des serveurs à l'étranger. Rapidement, les enquêteurs réalisent que d'autres services de police ont été touchés en France, à commencer par la préfecture de police de Paris. Fin décembre 2016, un jeune majeur est interpellé et placé en garde à vue en Charente-Maritime. "Il a reconnu les faits et expliqué avoir fait ça par jeu", selon la source policière. En septembre dernier, deux de ses complices présumés, âgés de 17 et 20 ans et domiciliés en Charente-Maritime et en Dordogne, ont été interpellés à leur tour. Ils sont soupçonnés de 68 appels de ce type.

Le 'spoofing', un phénomène en constante augmentation. Tous trois ont été laissés libres dans l'attente de poursuites. Le parquet de Melun vient de transmettre la procédure aux parquets de La Rochelle et Périgueux. "Le 'spoofing' est un phénomène en augmentation, qui nécessite des enquêtes longues et complexes. Le sentiment d'impunité est très fort, mais on a su s'adapter", estime la Sûreté départementale de Seine-et-Marne.