Treiber ne disposait pas du kit anti-suicide

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Treiber ne disposait pas du kit anti-suicide
@ MAXPPP
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Pas de matelas anti-feu, ni de draps indéchirables dans sa cellule.

Jean-Pierre Treiber, retrouvé pendu dans sa cellule de Fleury-Mérogis samedi matin, ne disposait pas du kit anti-suicide selon deux syndicats pénitentiaires, FO et Ufap. Mis en place en 2009, ce kit a pour but d’enrayer la hausse du nombre de détenus mettant fin à leurs jours.

Qualifiant le nombre de suicides en prison de "dramatique", la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, avait annoncé en août 2009 une série de mesures. Parmi ces dispositions figurait notamment la généralisation de "kits de protection". Ces kits contiennent des draps et couvertures indéchirables et des pyjamas en papier à usage unique pour éviter les pendaisons, ainsi que des matelas anti-feu.

C’est avec un drap que Jean-Pierre Treiber se serait pendu dans sa cellule, selon Marcel Duredon, responsable du syndicat FO Pénitentiaire à Fleury-Mérogis et son collègue de l'Union fédérale autonome pénitentiaire (Ufap), Stéphane Brasdefer. "Le personnel surveillant de la maison d'arrêt de Fleury n'a pas reçu de consigne pour octroyer ce kit à Jean-Pierre Treiber", selon Marcel Duredon.

"C'est l'évasion ou le suicide"

"Il n'a pas laissé d'élément indiquant qu'il pouvait attenter à son intégrité physique", a expliqué le syndicaliste. "On ne donne pas le kit à tous ceux qui disent qu'ils vont se suicider. Treiber n'avait jamais fait de tentative de suicide. On ne donne ce kit qu'à ceux qui ont déjà essayé de mettre fin à leurs jours", a poursuivi Stéphane Brasdefer. Pourtant, selon Eric Dupond-Moretti, l’avocat de Jean-Pierre Treiber, le principal suspect de l'affaire Giraud-Lherbier "avait dit au juge d'instruction: "c'est l'évasion ou le suicide", en décembre 2009 lors d'un interrogatoire sur sa cavale.

"Une ronde toutes les heures"

Le ministère de la Justice a indiqué que la double enquête administrative et judiciaire ordonnée après ce suicide devra "notamment déterminer quelle était la prise en charge de Jean-Pierre Treiber et si elle était adaptée". Le prévenu faisait l'objet d'une "ronde toutes les heures, de jour comme de nuit", a précisé la Chancellerie.

Selon l'association Ban Public, le suicide de Jean-Pierre Treiber est le 18e "suicide ou mort suspecte" en prison depuis le début de l'année.

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