Trafic de cocaïne à Roissy : les ripoux ont empoché 1 million d'euros

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Trafic de cocaïne à Roissy : les ripoux ont empoché 1 million d'euros
@ AFP
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Fin janvier, deux policiers étaient interpellés en flagrant délit à Roissy, alors qu'ils récupéraient de la cocaïne sur le tarmac. Ecroués depuis, ils auraient ainsi empoché 1 million d'euros.

Un million d'euros, c'est la somme que se sont partagé ces deux agents de la police des frontières (PAF) de Roissy, impliqués dans un vaste réseau de trafic de cocaïne, d'après les déclarations qu'ils ont effectuées lors de leur garde à vue. Un petite affaire qui leur a rapporté gros, puisque selon Le Parisien, ils auraient ainsi touché chacun 500.000 euros. 

Trois ans de trafic. Et pour cause, les deux hommes pris en flagrant délit il y a un mois n'en étaient pas à leur coup d'essai. En réalité, cela faisait trois ans que le manège durait pour ce brigadier chef de 53 ans et ce gardien de la paix de 35 ans, également délégués syndicaux. En tout, les deux hommes auraient ainsi aidé une dizaine de convois de cocaïne à entrer en France. 

Un manège bien rodé. Avec à chaque fois, la même technique pour faire transiter la poudre blanche. Ils se rendaient, dans leur voiture sérigraphiée "police", au pied de l'avion qui venait d'atterrir, en provenance de République Dominicaine. Ils faisaient alors mine de contrôler les passagers et repartaient avec un ou plusieurs d'entre eux ainsi que leurs bagages à main remplis de dizaines de kilos de cocaïne. Ces passagers un peu particuliers, que l'on appelle des "mules", étaient libérés peu après et ressortaient alors par les contrôles classiques de l'aéroport. Mais sans la drogue évidemment qui, elle, était exfiltrée par les deux "ripoux".

La fois de trop. C'est d'ailleurs en répétant une énième fois cette supercherie que le duo, en poste depuis plusieurs années à l'aéroport, a été arrêté en flagrant délit. Dans le coffre de leur voiture de service, les enquêteurs ont retrouvé deux valises contenant chacune une vingtaine de kilos de poudre blanche qu'ils venaient tout juste de récupérer auprès des passagers contrôlés de retour de Punta Cana, station balnéaire majeure de République Dominicaine.

Une commission variable en fonction des "mules". Selon le journal Le Parisien, les policiers, aujourd'hui écroués, ont expliqué lors de leurs gardes à vues qu'ils touchaient une commission en fonction du nombre de "mules" qu'ils aidaient à passer. Soit 80.000 euros pour un couple et 150.000 euros pour un trio. Au total, ce sont donc 500.000 euros chacun sur ces trois années que les deux fonctionnaires de police disent avoir touché. Une affaire particulièrement juteuse, qui explique que l'un des deux policiers ait toujours refusé de passer au grade supérieur. Cette promotion l'aurait en effet contraint à abandonner ce poste très lucratif. 

Des intermédiaires clefs. Il faut dire que ces deux fonctionnaires représentaient de précieux intermédiaires  pour une "très belle affaire", a confié un policier à Europe 1. La tête de ce réseau, âgée de 39 ans, a été arrêtée lors d'une intervention très musclée à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine. Dans cette enquête menée par l'office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCTRIS), la PJ de Versailles et la PJ parisienne, on retrouve aussi l'un des membres du célèbre clan Hornec, les grands bandits de l'Est parisien.

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