Toulouse : une enseignante en niqab épinglée

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Toulouse : une enseignante en niqab épinglée
L'enseignante, qui travaille dans un collège privé musulman, aurait été verbalisée alors qu'elle sortait de l'établissement.@ REUTERS
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Elle a écopé d’une amende de 150 euros. Un mouvement de soutien s’est créé spontanément.

Les premiers pas de la loi sur l’interdiction du port du voile intégral semblent bel et bien difficiles. Une enseignante d’une vingtaine d’années a été verbalisée mercredi à Toulouse, dans le quartier des Pradettes, car elle portait un niqab, ou voile intégral. La jeune femme, professeur au collège privé musulman Alif, emmenait alors sa classe en cours de sport.

La scène aurait été filmée

En fin d’après-midi, les policiers ont reçu un appel au 17 leur signalant la présence d’une femme se promenant sur la voie publique le visage voilé. Ils sont alors intervenus et l’ont verbalisée, lui infligeant, conformément à la nouvelle loi, 150 euros d’amende, selon les informations d'Europe1.

Le ton serait ensuite monté. Un technicien du collège serait sorti avec une petite caméra pour filmer la scène. Les policiers l’auraient alors arrêté à son tour.

Plus tard dans la soirée, un mouvement spontané s’est organisé. Une quarantaine de manifestants se sont rassemblés devant le commissariat de police, priant pour demander la libération du caméraman.

Le directeur de l’école scandalisé

Abdelfattah Rahhaoui, le directeur du collège musulman Alif, s’est montré vigoureusement solidaire de l’enseignante.

"Ce n'est pas Ben Laden" qui se promène :

"Les musulmans sont devenus un tambour creux sur lequel on tape", a-t-il assuré au micro d’Europe 1. "Avec l’attisement et avec cette haine qu’on est en train d’amener au milieu de la société française, on craint le pire", a-t-il par ailleurs déploré.

De leur côte, les syndicats de police voient dans cet incident l’illustration de la difficulté de l’application de la loi.