Tireur de Paris : le parquet a requis son placement en détention

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Tireur de Paris : le parquet a requis son placement en détention
@ Capture écran YouTube tirée de l'émission "Faites entrer l'accusé"
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RETOUR SUR - Abdelhakim Dekhar a été déféré devant le parquet, qui a ouvert une information judiciaire.

#L'ESSENTIEL
- Le tireur de Libération a été interpellé et confondu par son ADN mercredi soir.
- Il est connu de la justice : Abdelhakim Dekhar avait été condamné dans l'affaire Florence Rey-Audry Maupin en 1994.
- Il a laissé une lettre pour s'expliquer, mais le courrier semble très confus.
- Son état de santé s'est amélioré, a été placé en garde à vue pour "tentatives d'assassinat" et "enlèvement et séquestration".
- Dekhar a été entendu à l'hôpital de l'Hôtel Dieu jusqu'à vendredi soir. Il invoque son droit au silence.
- Le suspect a été déféré devant le parquet qui a requis son placement en détention provisoire.

>> Ce minute par minute est terminé, merci de nous avoir suivi.

19h15 : le parquet ouvre une information judiciaire, pour "tentatives d'assassinats en état de récidive légale" et "enlèvement et séquestration avec libération avant le septième jour". Le parquet a par ailleurs requis son placement en détention provisoire. Les faits incriminés concerne l’intrusion d'Abdelhakim Dekhar à BFMTV le 15 novembre, les tirs dans le hall de Libération et devant la Société Générale, ainsi que la prise d'otage, le 18 novembre. Le dossier doit à présent être transmis au juge d'instruction et à l'avocat d'Abdelhakim Dekhar, Me Rémi Lorrain. La mise en examen du suspect devait intervenir dans la soirée.

18h30 : le tireur parisien a été déféré devant le parquet, après 48 heures de garde à vue.

12h45 : Il refuse de parler des faits. Abdelhakim Dekhar a fait valoir son droit au silence tant qu'il n'a pas accès au dossier. Il a simplement répondu brièvement à l'interrogatoire d'identité, pour dire, selon les informations d'Europe 1, qu'il s'est marié et s'est séparé deux fois en Grande-Bretagne, et que de sa seconde union, religieuse, il a eu deux enfants. Il n'a en revanche rien voulu dire sur le lieu où se trouve son arme et les vêtements qu'on a vu sur les photos des caméras de surveillance.

7h00 : Plusieurs nuits à l'hôtel. De nombreuses questions taraudent les enquêteurs. Ils cherchent notamment à savoir où le suspect a laissé son arme et ses vêtements. Selon les informations d'Europe1, Abdelhakim Dekhar a passé cinq nuits dans un hôtel du centre de Paris, dont celle de lundi à mardi après les tirs chez Libé, mais la police judiciaire n'y a rien retrouvé.

Les policiers souhaitent également l'entendre sur ses motivations. Dans une lettre de deux pages, dactylographiée portant la mention "automne 2013", Dekhar s'en prend de manière assez confuse aux médias, au capitalisme, à la gestion des banlieues. Les enquêteurs voudraient déjà savoir si le suspect reconnaît ce dont on le soupçonne, voire s'il assume les faits. Mais jeudi soir, Dekhar n'avait encore rien voulu dire, mettant en avant, aux côtés de son avocat, son droit au silence. Il reste vendredi matin une douzaine d'heure aux enquêteurs pour l'entendre avant la fin de sa garde à vue et selon toute logique une mise en examen. 

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6h45 : "Ce n'est pas le personnage dont je me souviens". Me Constant, l'avocat d'Abdelhakim Dekhar à l'époque de l'affaire Rey-Maupin, se dit surpris par la violence des actes dont est suspecté l'individu. "Ce qui m'étonne, c'est que le personnage qu'on me décrit, qui aurait eu un acte de violence pensé, ce n'est pas le personnage dont je me souviens. Les psychologues avaient dit qu'il pouvait faire de la fabulation, qu'il était capable de mythomanie, mais, ils ne faisaient pas état d'un homme qui représentait une dangerosité violente", commente-t-il au micro d'Europe 1.

6h20 : Que sait-on sur sa vie en Grande-Bretagne ? Quand il sort de prison en 1998, Abdelhakim Dekhar n'a pas d'autre choix que de quitter la France, pour se faire oublier. Il faut dire que pendant le procès, il a prétendu avoir infiltré la mouvance d’extrême gauche, pour le compte des services secrets algériens. Il a aussi livré aux policiers les noms de plusieurs activistes. Alors avec son étiquette de balance, il doit donc se faire discret et part en Grande-Bretagne. C'est visiblement là qu'il a vécu ces 15 dernières années, sans renouer avec sa famille, alors qu'une de ses sœurs vit pourtant elle aussi outre-Manche. C'est là-bas qu'Abdelhakim Dekhar se marie deux fois, notamment, en 2000, avec une étudiante. Selon les informations d'Europe 1, il a eu plusieurs enfants.

6h15 : Abdelhakim Dekhar "un affabulateur et un mythomane". Interrogée sur Europe 1, Evelyne Lesieur, l'avocate générale dans l'affaire Rey-Maupin se souvient d'un homme "affabulateur et mythomane". En 1998, Abdelhakim Dekhar avait été condamné à quatre ans de prison pour avoir acheté le fusil à pompe qui avait servi à Florence Rey et Audry Maupin dans leur équipée sanglante en 1994. Dans cette affaire, Abdelhakim Dekhar a toujours assuré qu'il ne connaissait pas les deux individus.

"Il niait tout : 'je ne les connais pas, je ne les ai jamais vu', assurait-il. Alors que l'ensemble des témoins disaient qu'il ne quittait pas d'une semelle de Florence Rey et de Maupin. Lors du procès en assises, c'est quelqu'un qui ne faisait aucun effet sur personne. Premièrement, j'ai remarqué qu'il ne pouvait pas regarder quelqu'un en face. Sa position, son système de défense et cette façon de fuir, étaient très étranges".

Evelyne Lesieur assure également que Abdelhakim Dekhar n'a rien du profil du malade. "A l'époque, les rapports des médecins n'ont décelé aucune anomalie mentale qui pouvaient altérer son discernement. J'avais pour ma part constaté que c'était un affabulateur et un mythomane. J'en veux pour preuve que, son propre père, avait dit : 'il n'est pas méchant, mais il raconte n'importe quoi, il ne faut pas l'écouter'", se souvient-elle. L'ancienne avocate générale évoque également l'engagement à l'ultra-gauche du suspect. "Il avait des idées révolutionnaires, très portées à gauche. Il fallait détruire ceci et cela. Le problème des banlieues lui posait beaucoup de problèmes. C'était la contestation pour la contestation", estime-t-elle.

6h00 : Abdelhakim Dekhar présenté vendredi à la justice ? Placé en garde à vue depuis mercredi soir, pour "tentatives d'assassinat" mais aussi pour "enlèvement et séquestration", Abdelhakim Dekhar a gardé le silence jeudi face aux enquêteurs. Dès jeudi après-midi, malgré l'amélioration de son état de santé, les policiers avaient compris que l'interroger ne serait pas chose facile. Son passage au 36, dans les bureaux de la crim', n'a d'ailleurs été que de courte durée. Le tireur présumé a rapidement dû être emmené à l'Hôtel Dieu, juste à côté, dans une salle médicalisée aménagée pour les garde à vue. Vendredi matin, il restait une douzaine heures aux enquêteurs pour l'interroger. Mais Dekhar semble décidé à ne rien dire en garde à vue. Il attendra peut-être d'être dans le bureau du juge d'instruction, dans l'après-midi ou la soirée, qui selon toute logique devrait le mettre en examen.