Thalys : El Khazzani, un salarié "discret et besogneux"

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 Thalys : El Khazzani, un salarié "discret et besogneux"
@ AFP
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TEMOIGNAGES - Le terroriste présumé a travaillé deux mois en France pour une entreprise de téléphonie mobile. Ses anciens collègues le décrivent comme un salarié sans histoires. 

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

La personnalité d’Ayoub El Khazzani, soupçonné d'avoir voulu commettre un carnage dans un Thalys, reste difficile à cerner. Les enquêteurs tentent de reconstituer le parcours sinueux de ce Marocain âgé de 25 ans. Ils ont ainsi découvert qu’Ayoub El Khazzani avait travaillé en France de février à avril 2014 chez l’opérateur à bas coût Lycamobile. A l’époque, le jeune Marocain avait décroché un CDD de trois mois comme distributeur de prospectus.

Dans cette entreprise basée en Seine-Saint-Denis, Ayoub El Khazanni a plutôt laissé de bons souvenirs. Ses anciens collègues, rencontrés par Europe 1, le décrivent comme un homme "discret" et "besogneux" qui affichait fièrement ses origines marocaines. L’employé venait et repartait seul en transports en commun.

"Il ne faisait  jamais d’histoires". Ayoub El Khazanni n'était jamais en contact direct avec les clients. Son travail consistait à distribuer des posters promotionnels et à ravitailler les points de vente de la marque en carte SIM. Alain Joshimek, patron de Lycamobile France se souvient d'un homme motivé et travailleur. "Il n’y a pas grand chose à dire sur son comportement. Il ne faisait jamais d’histoires (…) Il n’est resté que deux mois chez nous mais cela s’est plutôt bien passé", assure encore son ancien employeur.

Un salarié bien noté. La direction de Lycamobile a fini par se séparer d'Ayoub El Khazzani en mars 2014, un mois avant la fin de son CDD en raison d'un problème avec son titre de séjour et d’une adresse visiblement fausse. Le salarié se disait hébergé en Seine-Saint-Denis depuis son retour d'Espagne. Ce qui n'était pas le cas. Mais sans cela, celui qui est soupçonné d'avoir voulu commettre un carnage dans un Thalys, serait sans doute resté chez l’opérateur mobile. "On l’aurait certainement gardé car il était plutôt bien noté", conclut son ancien patron.