Terrorisme : le "PNR" pourrait "éviter des massacres"

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La gauche européenne a une nouvelle fois retardé l'adoption du traçage des passagers aériens. Une vraie "déception" pour Louis Caprioli, ancien patron de l'anti-terrorisme.

INTERVIEW

"D'un côté, il y a la défense des libertés et de l'autre, la sûreté. Le Parlement est plutôt dans le camp de la défense des libertés", a semblé regretter Louis Caprioli. Interrogé dans Europe midi vendredi , l'ancien sous-directeur chargé de la lutte contre le terrorisme à la DST (Direction de la Surveillance du Territoire), a exprimé sa forte déception après le report de l'adoption du traçage des passagers aériens, jeudi soir.

Mettre en danger les voyageurs. En effet, le Parlement européen ne devrait pas adopter avant avril le registre européen des données des passagers aériens, dit "PNR" (Passenger Name Record, en anglais), un nouvel outil anti-terroriste dont veut se doter rapidement l'UE. "Je pense à mes collègues qui sont en charge de la lutte contre le terrorisme et qui ont besoin d'un outil. Ce n'est pas la panacée mais c'est un outil supplémentaire", a-t-il regretté. "Je pense que le Parlement européen peut mettre en danger les citoyens européens et les citoyens du monde qui viennent en Europe", s'est ému cet ancien de l'anti-terrorisme.

Eviter des massacres. Le "PNR" est un outil d'analyse de données. "Pour que ce soit exploitable, il faut qu'il y ait 25 données concernant le passager afin de recouper les informations", a précisé Louis Caprioli. L'outil permettrait ainsi de savoir si des passagers ont un profil dangereux. "Dans ce cas, soit on leur interdit de monter à bord de l'avion et d'entrer sur le territoire ; soit on les laisse venir, on les interpelle à leur arrivée dans le cadre d'une procédure judiciaire, ou on les prend en filature", a-t-il décrit. "Bien sûr, le 'PNR' ne va pas arrêter le terrorisme, mais on va éviter des massacres", assure l'ancien sous-directeur chargé de la lutte contre le terrorisme à la DST

L'exemple de Mehdi Nemmouche. Pour défendre l'absolue nécessité du "PNR", Louis Caprioli cite le cas de Mehdi Nemmouche, qui a commis l'attentat au musée juif de Bruxelles, tuant quatre personnes. "Il a été contrôlé en Allemagne à son retour de Syrie où il avait séjourné neuf mois. Comme il est fiché S, les Allemands ont averti la DCRI de l'époque, mais personne ne l'a pris en charge. S'il y avait eu le 'PNR', la DGSI aurait été informée en amont, bien avant qu'il n'arrive à Munich".