Tentative d'attentat : "le terrorisme prend en compte la dimension médiatique dans sa stratégie"

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Pour Gérôme Truc, docteur en sociologie, spécialiste des réactions aux attentats au CNRS, invité mardi sur Europe 1 , le premier enjeu d'un attentat est la communication qui en est faite.

INTERVIEW

Un homme au volant d'un véhicule a délibérément percuté un fourgon de gendarmerie lundi sur les Champs-Élysées. Cette nouvelle tentative d'attentat interroge sur la façon dont il faudrait la traiter dans les médias. Faut-il en faire sa Une ? En parler en boucle sur les chaînes d'informations en continue ? Ou au contraire choisir de la traiter comme n'importe quel fait divers ? Pour Gérôme Truc, docteur en sociologie, spécialiste des réactions aux attentats au CNRS et invité mardi sur Europe 1, il est en tout cas certain que la médiatisation est prise en compte dans la stratégie terroriste.

Créer un impact socio-psychologique. "Le propre d'un attentat est de faire plus d'impact socio-psychologique qu'il n'en ferait réellement matériellement", explique-t-il. "Car si vous tuez une personne c'est un crime, c'est un fait divers. Mais si vous tuez une personne et que cela fait la Une des journaux et que cela institue de la peur dans la société, c'est un acte terroriste".

Une menace qui n'est pas nouvelle. "Il faut comprendre que la menace d'attentat fait partie de notre vie depuis longtemps. Elle existait déjà au 19e siècle avec les attentats anarchistes et nous avons connu quelque chose de similaire dans les années 1990", ajoute le sociologue. "Mais il faut bien faire la différence entre ce que l'on a vu lundi, la tentative d'attentat, et les attentats de masse que l'on a connu en janvier et novembre 2015 et à Nice en 2016. On s'habitue à vivre avec la menace, mais ce n'est pas la chose de vivre avec les attentats de masse. "