Suicide d'un cheminot, délégué Sud-Rail, à Saint-Lazare

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Suicide d'un cheminot, délégué Sud-Rail, à Saint-Lazare
Le cheminot entretenait, selon Sud-Rail, de mauvaises relations avec sa direction (illustration).@ MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
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Un cheminot, délégué syndical de Sud-Rail qui avait de mauvaises relations avec sa direction, s'est donné la mort dans la nuit, en se jetant sous un train à la gare Saint-Lazare à Paris.

Un cheminot, délégué du personnel Sud-Rail, s'est suicidé sur son lieu de travail, à la gare Saint-Lazare à Paris, dans la nuit de vendredi à samedi, a indiqué le syndicat qui met en cause la direction de la SNCF. Le cheminot, âgé de 42 ans, "s'est jeté sous un train", a précisé Fabio Ambrosio, représentant de Sud-Rail au comité d'entreprise, se disant "partagé entre la tristesse et la colère". La direction de la SNCF a indiqué pour sa part qu'une "enquête de police était en cours" à la suite de ce décès.

Condamné en conseil de discipline. Selon Sud-Rail, le délégué, qui avait un statut de travailleur handicapé lié à des "problèmes psychologiques", était "depuis plusieurs années attaqué par une direction qui ne supportait pas son engagement syndical". "Un conseil de discipline l'avait condamné à un dernier avertissement avant licenciement, avec 12 jours de mise à pied et à un déplacement disciplinaire pour avoir eu un 'regard menaçant' envers son directeur", ajoute le syndicat dans un communiqué. Selon la direction, qui a confirmé qu'un conseil de discipline avait bien eu lieu en octobre 2016, le délégué de Sud-Rail avait "a priori des relations tendues avec ses dirigeants".

"Des pressions managériales". Sud-Rail affirme que la "mutation disciplinaire" lui a été signifiée "sans aucun respect des règles", car avec son statut de travailleur handicapé, "il aurait dû passer par le CHSCT". "De plus la direction n'ignorait pas que son médecin préconisait depuis plusieurs années pour sa santé qu'il reste dans un environnement de travail et interdisait tout déplacement". "La direction de la SNCF doit prendre conscience que ses pressions managériales, les restructurations perpétuelles et la répression syndicale qu'elle mène depuis plusieurs dizaines de mois poussent à bout des agents", dénonce-t-il. Un CHSCT extraordinaire est convoqué lundi à Saint-Lazare.