Soupçons de financement illégal au FN, l'autre tourmente

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Soupçons de financement illégal au FN, l'autre tourmente
@ AFP
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Frédéric Chatillon, un proche de Marine Le Pen qui fabrique les "kits de campagne" du FN, a été mis en examen mercredi pour "financement illégal de parti politique".

Le Front National traverse un printemps agité sur le plan politique et judiciaire. Outre la rupture consommée entre Marine et Jean-Marie Le Pen, le parti est secoué par une enquête judiciaire sur ses campagnes électorales. Mercredi, Frédéric Chatillon, un proche du FN a été mis en examen pour "financement illégal de parti politique". Les enquêteurs le soupçonnent, avec sa société Riwal, qui çonçoit et réalise de nombreux documents de propagande du mouvement, d'avoir mis en place un système de financement illégal au profit du FN et de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen.  

Qui sont Frédéric Chatillon et sa société ? Frédéric Chatillon est un vieux copain de fac de Marine Le Pen. C'est un aussi un ancien dirigeant du GUD, le syndicat étudiant d'extrême-droite, qui travaille aujourd'hui dans la communication. Sa société, Riwal, a mis au point le "kit de campagne" pour les cantonales de 2011 et les législatives de 2012. Un kit obligatoire pour tous les candidats du parti et constitué de photos, tracts, affiches ect. Ce matériel de propagande est vendu entre 10 et 16.000 euros, selon les circonscriptions.

Que leur reproche-t-on ? Pour les juges qui enquêtent sur ce dossier depuis un an, ce prix est largement surfacturé. En janvier, ils ont mis en examen Frédéric Chatillon pour escroquerie, abus de bien sociaux, blanchiment. Cette fois, ils le poursuivent pour financement illégal de parti politique. Car les magistrats soupçonnent désormais la mise en place d'un système de financement occulte du Front National et du micro-parti de Marine Le Pen.

C'est le rôle de "Jeanne" dans le financement des campagnes frontistes qui aiguise la curiosité des enquêteurs. Selon l'AFP, lors des dernières législatives, la structure prêtait de l'argent avec 6-7% d'intérêt à une grande majorité des 577 candidats FN, tout en leur fournissant elle-même les kits de campagne  fabriqués par Riwal. En clair, les juges soupçonnent Riwal de surfacturer par ce biais ses prestations au préjudice de l’État, qui au final rembourse les frais de campagne. Deux trésoriers de "Jeanne" ont par ailleurs été mis en examen eux aussi ces dernières semaines.

D'après les enquêteurs, le montant total des détournements pourrait s'élever à 10 millions d'euros.

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