Séquestration de Mulhouse : "cet enfant n’est pas perdu"

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Séquestration de Mulhouse : "cet enfant n’est pas perdu"
@ SEBASTIEN BOZON / AFP
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Selon le psychiatre Gérard Lopez, le garçon séquestré pendant trois ans par son père est forcément gravement traumatisé. Mais il peut s’en sortir. 

Trois ans à ne voir personne d’autre que son père, à chuchoter pour ne par des faire remarquer, à n’être suivi ni médicalement, ni scolairement… Le garçon âgé de huit ans découvert mercredi à Mulhouse, dans un appartement insalubre, souffre selon le procureur de la République de "carences éducatives très graves". Depuis l’automne 2012, son père l’avait enlevé à sa mère. Pendant trois ans, il l'a caché à sa mère, avec la télévision comme garde d’enfants. Les séquelles psychologiques seront fatalement lourdes, mais selon le psychiatre Gérard Lopez, interrogé par Europe 1, elles ne sont pas irréversibles. Même si le travail de reconstruction sera long. 

"Difficile de changer de position". Le premier chantier sera de détacher le garçon de son père, son seul repère pendant très longtemps.  "Cet enfant, pendant trois ans, il a été sous l’emprise de son père, il n’a connue que son père, qui a dû dénigrer sa mère comme ce n’est pas possible... ", juge Gérard Lopez. "A tel point qu’il n’a pas du tout envie de voir sa mère. Et je suis à peu près certain qu’il pense que son père a raison. Ce sera un peu difficile pour lui de changer de position", explique le psychiatre.

"Ce qui soigne, c’est la bonne relation". Pour autant, l'espoir demeure pour l’enfant, désormais placé en famille d’accueil. "Il n’a que huit ans. Cet enfant n’est pas perdu ", veut croire le psychiatre. "Ce qui compte, c’est la qualité de la relation qu’il va nouer avec tous ceux qu’il va rencontrer. Evidemment d’abord la famille d’accueil, mais aussi avec sa mère". Et là se situe évidemment le point crucial. "Si sa mère est une femme équilibrée, si elle réussit à regagner sa confiance et à établir une bonne relation, les choses peuvent finir par s’arranger", assure Gérard Lopez. "Parce que ce qui soigne, c’est la bonne relation", conclut le médecin.