Salle de prière incendiée à Ajaccio : les musulmans entre "sagesse" et "colère"

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La communauté musulmane d'Ajaccio est sous le choc après l'incendie qui a ravagé une salle de prière de la ville, tôt samedi.

REPORTAGE

La piste criminelle reste privilégiée, sans être encore totalement confirmée. La communauté musulmane d'Ajaccio, elle, est sous le choc, après l'incendie qui a ravagé une salle de prière de la ville, tôt samedi.

"Patienter, réagir avec sagesse, comme d'habitude..." Samedi soir, il y avait encore quelques fidèles devant la salle en grande partie carbonisée, entourée d'un cordon de police jaune. Les enquêteurs sont toujours à pieds œuvre. Certains parlent de traces d'hydrocarbures. Si rien n'est confirmé, la piste criminelle est tout de suite venue à l'idée de Sabri, un fidèle, même si aucun signe ne laissait présager un tel acte ces derniers mois. "Ça nous a un peu surpris que ça soit venu dans ce moment de calme. On va essayer de patienter, de réagir avec sagesse, comme on a l'habitude de faire…", commente-t-il avec fatalité.

Mosquée Ajaccio

Walid Berrissoul / Europe 1


À Ajaccio, tout le monde a en tête les violences du mois de décembre, dans un autre quartier d'Ajaccio, les "jardins de l'empereur". Des affrontements et des dégradations, dont celle d'une salle de prière musulmane, avaient eu lieu dans ce quartier populaire. "Arabes, dehors" avait-on entendu à l'époque de la part de certains manifestants.


Mosquée Ajaccio

Walid Berrissoul / Europe 1



"Personne n'a été arrêté en décembre !". "Ça devait bien finir par nous arriver à nous aussi", déplore Rédouane, un autre fidèle de la mosquée brûlée samedi. Celui-ci dénonce même une certaine impunité vis-à-vis des casseurs de décembre : "On a pris personne, personne n'a été inquiété après les incidents de décembre ! Certains se sont sentis pousser des ailes. Il faut que ça s'arrête. Il faut que l'Etat fasse son travail. On n'a pas peur, c'est de la colère que l'on ressent".


Mosquée Ajaccio

Walid Berrissoul / Europe 1



Aucune revendication n'a été retrouvée aux alentours de cette salle, qui accueillent jusqu'à 600 personnes. Les fidèles sont désormais privés de lieu de culte, à un mois du ramadan.