Sa fille est partie en Syrie : "on n'a rien vu venir"

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Baptiste a décidé de participer à une campagne de prévention du ministère de l'Intérieur sur le phénomène des départs pour le djihad. Il revient sur son choix au micro d'Europe 1. 

Cléa, jeune Française convertie à l'islam, n'a pas encore 17 ans quand elle décide de partir pour la Syrie et le djihad. Sur son chemin vers la radicalisation, elle est guidée par son petit ami, un jeune de banlieue parisienne qui se fait désormais appeler Abdoul Wadoud. Depuis la frontière irako-syrienne, ce Français est apparu en octobre 2014 dans une vidéo de propagande de l'organisation djihadiste Etat islamique (EI). Une diatribe dans laquelle il menace la France et la coalition des "judéo-croisés".

Baptiste, le père de Cléa, a aujourd'hui décidé de témoigner dans le cadre d'une campagne de prévention à l'attention des familles également confrontées au phénomène des départs pour le djihad. Il explique ce qu'il a vécu au micro d'Europe 1.

Sensibiliser sur le phénomène des départs. Avec d'autres parents dont des enfants ont rejoint la Syrie, Baptiste participe à une campagne de sensibilisation du ministère de l'Intérieur, lancée mercredi. Le but : sensibiliser la population sur le phénomène de radicalisation et le départ d'un enfant un Syrie. Il s'agit de quatre spots vidéo en forme de témoignages bruts. Les visages sont en gros plan, la mise en scène est absente. La force des mots se suffit à elle-même. Baptiste démarre ainsi : "Le départ de Léa s'est produit lors d'une belle journée. Elle a pris un sac à dos, une écharpe. Et depuis ce jour-là, Léa a disparu. On a rien vu", témoigne le père de famille.

>> Le témoignage de Baptiste : 


Témoignage de Baptiste - Ile-de-Francepar Ministere_interieur 

"On n'a rien vu venir". Ce témoignage, c'est aussi un appel à la vigilance. Une façon de prévenir ces petits signes anodins qui parfois sont les prémisses d'une radicalisation. "On n'a rien vu venir. Il y a eu seulement quelques signes juste avant",  nous confie Baptiste. "C'était une fille très coquette. Mais elle ne se maquillait plus, elle ne s'épilait plus, elle ne prenait plus soin d'elle", se souvient-il. "Sa maman lui avait demandé : 'mais qu'est-ce qui se passe Cléa ?'" Réponse de l'adolescente : "Oh c'est juste pour purifier ma peau. Mais ça va, je ne me suis jamais senti aussi bien".  Et Baptiste conclut : "Et puis, sa grand-mère l'a vue partir, un après-midi. Elle était un peu surprise parce qu'elle avait un sac et une écharpe, alors qu'il faisait 30 degrés dehors".

Le 0 800 00 56 96, un numéro vert pour les familles. "Vous êtes touchés par la guerre, vous n'êtes plus seuls",  dit une voix à la fin du clip. Car ces spots ont également vocation à rappeler aux parents touchés par ce drame qu'il existe une prise en compte de leur problématique. Un numéro vert, mis en place par le ministère de l'Intérieur et qui fonctionne comme une plateforme de soutien, d'écoute, de conseil et de signalement, le 0 800 00 56 96