Recel de détournement de fonds publics : Roland Dumas renvoyé en correctionnelle

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Recel de détournement de fonds publics : Roland Dumas renvoyé en correctionnelle
Roland Dumas le 8 novembre 2014.@ ODD ANDERSEN / AFP
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L'ancien ministre des Affaires étrangères est soupçonné de s'être fait payer des honoraires de manière dissimulée.

L'avocat et ex-ministre socialiste Roland Dumas a été renvoyé en correctionnelle pour "recel de détournement de fonds publics", a-t-on appris vendredi auprès de la procureure de la République, Laure Beccuau. L'audience devant le tribunal correctionnel de Nîmes est prévue en novembre.

Suspicions sur une étude commandée à Dumas. Gilbert Baumet, lui aussi ex-ministre, est également renvoyé en correctionnelle  pour "détournement de fonds publics" dans la même affaire. Celle-ci porte sur une étude sur la vidéosurveillance et un système de lecture automatique de plaques d'immatriculation, commandée à Roland Dumas par Gilbert Baumet à l'époque où il était maire socialiste de Pont-Saint-Esprit, dans le Gard, a précisé le parquet, confirmant une information de Midi Libre.

La justice suspecte que cette étude, d'un montant de 8.300 euros, a servi à payer une partie des honoraires d'avocats de Roland Dumas, lequel avait défendu Gilbert Baumet dans une affaire de malversations, liée à la gestion du comité du tourisme de Pont-Saint-Esprit, jugée en 2006.

Son avocat "très serein". Selon Midi Libre, aucune trace de l'étude n'a été retrouvée lors de l'enquête ouverte après une plainte de la ville en 2011. Cela a conforté les soupçons du parquet car les 8.300 euros correspondent exactement au solde des honoraires devant être payés à l'ancien président du Conseil constitutionnel.

"Je suis très serein et M. Dumas aussi", a réagi Gilbert Baumet. "L'étude sur la vidéosurveillance, on va apporter la preuve qu'elle existe. On aura un témoignage. Avec M. Dumas, on veut retrouver ce rapport d'ici le procès", a-t-il ajouté.

Roland Dumas, 92 ans, a notamment été ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, puis président du Conseil constitutionnel. Il s'est aussi illustré dans de nombreux procès médiatiques lors de sa longue carrière d'avocat. Poursuivi dans plusieurs affaires, il a été condamné en 2007 pour abus de confiance dans celle de la succession du sculpteur Giacometti.