Attentats : qui sont les complices présumés d'Amedy Coulibaly ?

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Attentats : qui sont les complices présumés d'Amedy Coulibaly ?
@ Europe 1
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Tonino, Christophe et Willy, mis en examen mercredi ont connu le terroriste durant leur jeunesse, à Grigny. Le quatrième suspect a, quant à lui, croisé sa route en prison.

Dans la cité sensible de la Grande-Borne, où a grandi Amedy Coulibaly, tout le monde sait qui ils sont. Tonino, Christophe et Willy, mis en examen mercredi pour soutien logistique au djihadiste, sont aussi bien connus de la police. Tous trois ont grandi aux côtés d'Amedy Coulibaly, considéré là-bas comme "un grand" frère. Un autre suspect, Michaël a, lui, croisé plus récemment la route de l'assassin de la policière de Montrouge et de quatre hommes juifs dans le supermarché casher. Europe 1 revient sur le profil de ces hommes, suspectés d'avoir été en contact soutenu avec le terroriste et mis en examen mercredi pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d'atteintes aux personnes".

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"Pas des caïds". Mais dans le paysage de cette cité de Grigny, classée zone de sécurité prioritaire, Tonino, Christophe et Willy "ne font pas partie" des caïds, estime une source proche du dossier. "C'est des mecs qui font dans la violence. On peut les retrouver dans les règlements de compte." L'enquête a pourtant révélé que les trois hommes se sont rendus à plusieurs reprises, fin décembre, dans des armureries de Paris et de la petite couronne. Ils avaient alors acheté du matériel pour le compte de Coulibaly, notamment des gilets tactiques, plusieurs couteaux et un Taser. Les trois suspects sont également mis en cause dans l'achat de la Renault Megane, dont Coulibaly s'est servi pour se rendre à l'Hypercacher de la porte de Vincennes.

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Willy, suspecté d'avoir fourni la moto. Parmi les suspects, on trouve Willy, 28 ans, colosse d'1m95 au crâne rasé. Ce dernier intéresse particulièrement les enquêteurs. C'est lui qui est suspecté d'avoir fourni une moto à Amedy Coulibaly, dont les clés ont été retrouvées sur lui, le jour de sa mort. Pour l'heure, le véhicule n'a pas été retrouvé, mais les enquêteurs savent toutefois qu'Amedy Coulibay s'en est servi plusieurs fois. Il s'agit d'une "Suzuki, qui ressort dans le cercle familial, mais qui n'était pas forcément à son nom", confie une source proche du dossier.

Selon cette même source, le jeune homme, surnommé Boubou "est quelqu'un qui se laisse facilement embringuer. Il est un peu bêta et n'a pas la carrure d'un grand délinquant". Les enquêteurs cherchent donc à déterminer si le jeune homme était au courant des projets d'attentats d'Amedy Coulibaly.

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Une certitude : Willy présente un casier judiciaire chargé. Le jeune homme a été condamné cinq fois pour vol aggravé, conduite sans permis, outrage à personne dépositaire de l'ordre public et rébellion. En 2013, il avait été condamné à de la prison ferme pour avoir refusé avec deux amis de s'arrêter à un contrôle douanier à Fleury-en-Bière (Seine-et-Marne), alors qu'il transportait quatre fusils de chasse et des munitions volées. Sa peine avait finalement été aménagée.

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Christophe, l'homme au casier judiciaire fourni. Christophe Raumel, 25 ans, est lui aussi un habitué de la justice. Il a été condamné six fois "pour conduite sans permis, violence aggravée, vol aggravé et recel", selon le procureur de Paris François Molins. Mais sa dernière condamnation remonte à 2009. Selon une connaissance, ce père d'une petite fille, surnommé "Hook" par ses amis, est originaire de la cité des Aunettes, à Fleury-Mérogis, près de la Grande-Borne. "Sa femme aussi est restée quatre jours en garde à vue", affirme cette connaissance, selon laquelle le jeune homme vit "du RSA".

Tonino, le cadet au casier judiciaire vierge. Le plus jeune des mis en examen, Tonino Gonthier, 22 ans, vit près de la place du Miroir, au cœur du secteur sensible de la Grande-Borne, où se concentrent les trafics. Connu de la police locale, il n'a, selon le parquet de Paris, aucun antécédent judiciaire. En 2014, les policiers n'ont croisé sa route qu'à une reprise, pour un contrôle d'identité. "Il est rigolo, calme et serviable", certifie une mère de famille qui le connaît.

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Mickaël, le compagnon de prison. Mickaël, lui, n'est pas un ami d'enfance d'Amedy Coulibaly. Il a rencontré ce dernier en prison, lors d'une récente incarcération, alors qu'il avait été condamné pour trafic de stupéfiants. Il est suspecté d'avoir entretenu un contact soutenu avec le terroriste, notamment dans les 48 heures qui ont précédé les attaques. L’étude des relevés téléphoniques permet d’établir qu'ils s'étaient échangés, au cours de l'année passée, plus de 360 messages, ainsi que 13 appels. Le 6 janvier, veille de l'attentat contre Charlie Hebdo perpétré par les frères Kouachi, les contacts se sont multipliés, les deux hommes se sont en effet appelés 18 fois. Le 5 janvier, selon une étude de la géolocalisation de leurs appareils, ils se sont retrouvées pendant plus de six heures.

Ce qui a amené les enquêteurs vers lui, c'est d'abord de l'ADN, retrouvé sur un gant qu'Amedy Coulibaly avait avec lui, lors de la tuerie de l'hypercacher. Des traces ADN ont également été retrouvés sur deux armes saisies dans la planque du terroriste, à Gentilly, dans le Val-de-Marne.
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