Pour éviter une rupture, il voulait supprimer sa compagne

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Pour éviter une rupture, il voulait supprimer sa compagne
(Photo d'illustration)@ MAXPPP
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Un entrepreneur du Gard, soupçonné d'avoir commandité l'assassinat de sa compagne, a été mis en examen et écroué en décembre.

L'INFO. Il craignait qu'une séparation ne l’empêche de voir grandir son fils. Au printemps dernier, un entrepreneur installé à Alès, dans le Gard, aurait décidé de faire éliminer sa compagne, révélait Midi Libre mardi. Un cambriolage qui tourne mal, la jeune femme abattue : le scénario criminel semblait bien ficelé. Sauf que rien ne s'est passé comme prévu. La compagne a survécu et l'homme se retrouve désormais mis en examen pour "complicité de tentative d’assassinat" et écroué, selon les informations recueillies par Europe 1. 

• Trois balles de 9mm. De prime abord, le jeune couple avait tout pour être heureux. Fabrice A., 42 ans, diplômé d’une école d’ingénieur, patron de discothèque et d'une société de recyclage, rencontre sa compagne en 2011. C'est le coup de foudre. Le couple s'installe ensemble et leur fils naît un an plus tard. Mais tout va basculer dans la nuit du 6 avril 2013. Il est près de 2h30, quand Fabrice A. appelle les secours : la mère de son fils est grièvement blessée. Trois balles de 9 mm, venues se loger dans ses jambes et dans l'abdomen. C'est un cambriolage qui a mal tourné, explique-t-il alors aux policiers.

• Un cambriolage qui dérape… Aux enquêteurs, il fait le récit d'un éclair d'une violence inouïe. Cette nuit-là, raconte-t-il, le couple dormait paisiblement dans sa chambre quand soudain la lumière s’est allumée. Un homme muni d'un revolver emballé dans un sac en plastique a surgi avant de bondir sur le lit et d’ouvrir le feu sur sa compagne. "Je l'ai poursuivi, il a rejoint une seconde personne à l'extérieur", déclare-t-il aux policiers, selon des propos rapportés par Midi Libre. Sauf que cette version intrigue rapidement les enquêteurs de la PJ de Montpellier, dès lors en charge du dossier.



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…mais d'étranges échanges téléphoniques. Les policiers se plongent alors dans des investigations fouillées. La maison est passée au peigne fin et le couple ainsi que son entourage sont discrètement placés sous surveillance. Les enquêteurs découvrent que les relations du duo sont si tendues que leur mariage, pourtant annoncé en 2012, aurait été annulé, selon le journal régional. La situation entre le conjoint et sa belle-mère serait notamment particulièrement compliquée. Mais un autre élément va attirer l'attention des policiers. Dans les jours qui ont précédé le drame, Fabrice A. aurait eu des contacts téléphoniques répétés avec un vigile de sa boîte de nuit et homme-à-tout-faire de l'entrepreneur. Un individu déjà condamné pour violences. L'homme-à-tout-faire est-il devenu homme de main ? Les enquêteurs commencent en tout cas à mettre en sérieusement la version de Fabrice A.

• Des aveux en garde à vue. Plus troublant encore, les constatations faites sur les lieux du drame ne permettent aucunement de confirmer les dires de l’entrepreneur. "La façon dont la maison a été fouillée, la trajectoire des tirs, laissent apparaître que l’on en voulait à cette dame", note Stéphane Bertrand, procureur adjoint de Nîmes, joint par Europe 1. Placé en garde à vue début décembre, le vigile a nié toute implication, et ce malgré "des éléments scientifiques" à son encontre, relevés sur les lieux du forfait. L’homme a finalement été mis en examen pour "tentative d’assassinat" le 6 décembre. Le lendemain, c'est au tour de Fabrice A. d'être interpellé. Entendu par les policiers, l'entrepreneur commence d'abord par nier tout complot avant de craquer et de passer aux aveux. Il explique aux enquêteurs avoir voulu faire assassiner sa compagne en maquillant cette mort en cambriolage fatal. Il désigne également le vigile comme son complice.

L'explosion a eu lieu vers 3 heures du matin, dans la nuit de samedi à dimanche.

"Il a voulu tuer une mouche avec un bazooka". “Ce qui ressort de ses déclarations, c’est que leur relation était tellement compliquée qu’il a voulu en finir. Mais c'est comme s'il avait voulu tuer une mouche avec un bazooka", résume le procureur adjoint. L’instruction, toujours en cours, devra désormais établir l'implication ou non de chacun des protagonistes et la nature réelle d’un éventuel contrat passé entre Stéphane A. et son complice présumé. En l'état actuel des investigations, les deux hommes risquent tous deux la réclusion criminelle à perpétuité.