Mort de Robert Boulin : "rien ne tient dans la thèse officielle"

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Pour la fille de l'ex-ministre, à l'origine de la plainte qui a relancé l'affaire, la raison d'Etat a fait que la vérité sur cette mort a été cachée pendant 36 ans.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Trente-six ans après, la justice a décidé de rouvrir le dossier de la mort du ministre Robert Boulin. Une information judiciaire pour "arrestation, enlèvement et séquestration suivis de mort ou assassinat", a été ouverte par le parquet de Versailles. Cette nouvelle enquête intervient suite à une plainte avec constitution de partie civile, déposée en mai dernier par Fabienne Boulin-Burgeat, la fille de l'ex-ministre retrouvé mort en 1979 dans la forêt de Rambouillet. Cette dernière a toujours soutenu qu'il s'agissait d'un assassinat et non d'un suicide. Elle témoigne vendredi au micro d'Europe1.

 
Mort de Robert Boulin : "rien ne tient dans la...par Europe1fr 

"Des témoins attendent d'être entendus". "C'est 36 ans de lutte", confie, soulagée, Fabienne Boulin-Burgeat. "J'espère que maintenant on a un magistrat qui va reprendre l'ensemble du dossier. Parce que l'enquête officielle ne repose sur rien et des témoins attendent d'être entendus par un juge d'instruction et cela va enfin pouvoir se faire", explique-t-elle. "On a un témoin très important qui a vu mon père à l'heure où il est censé officiellement mettre ses lettres - disant qu'il se suicide – à la poste. Il était dans sa voiture, accompagné d'un monsieur qui conduisait et un autre derrière lui et manifestement c'était un enlèvement", précise la fille de l'ex-ministre, à l'origine de la plainte qui a permis de relancer l'enquête.

"C'est insupportable dans un pays démocratique". "Toute la thèse officielle qui dit qu'il est mort noyé, or la noyade n'a jamais été prouvée ; On dit qu'il a marché sept mètres dans la vase, mais il n'y a pas de vase à ses chaussures ; Il a été retrouvé sur le ventre alors que les médecins légistes disent qu'il est mort sur le dos… Rien ne tient", estime Fabienne Boulin-Burgeat. "C'est la raison d'Etat qui a fait qu'on ne pouvait pas dire la vérité sur l'assassinat de Robert Boulin. C'est insupportable dans un pays démocratique que l'on ose dire des mensonges à la famille et aux Français. Cela, je ne l'accepte pas", conclut-elle.