Mort de Rémi Fraisse : le gendarme remis en liberté

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Mort de Rémi Fraisse : le gendarme remis en liberté
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Le militaire qui a lancé la grenade à l'origine de la mort de Rémi Fraisse, sur le chantier du barrage à Sivens, avait été placé en garde à vue mercredi matin. 

L'info. Une journée d'auditions et puis s'en va. Le gendarme qui a lancé la grenade offensive à l’origine de la mort de Rémi Fraisse à Sivens, dans le Tarn, a été placé en garde à vue mercredi matin, comme l'a révélé Europe 1, confirmant une information du Parisien, avant d'être remis en liberté à 19h30, le même jour.

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Une convocation ultérieure reste possible. Les deux juges d'instruction toulousains en charge de l'affaire avaient fait placer cet homme, auteur du tir mortel, en garde à vue en région parisienne. Ils "n'ont pas jugé nécessaire de se le faire déférer", a indiqué  le procureur de la République de Toulouse Pierre-Yves Couilleau. "Cette décision ne préjuge en rien de la suite", notamment d'une éventuelle convocation ultérieure du gendarme devant les juges.

La direction générale de la gendarmerie nationale a confirmé dans un communiqué que ce gendarme avait été "auditionné aujourd'hui par les enquêteurs de l'Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale (IGGN) sous le régime de la garde à vue. Cette procédure normale garantit à ce militaire l'intégralité de ses droits, et notamment la présence de son avocat, et ne préjuge en rien de sa responsabilité pénale", a ajouté la gendarmerie.

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Pour l'enquête administrative, "pas de faute professionnelle". Ce placement en garde à vue est intervenu un peu plus d'un mois après les conclusions de l'enquête administrative. Confiée à l'IGGN (Inspection générale de la gendarmerie nationale) par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, début novembre, celle-ci avait pour objectif de déterminer les conditions dans lesquelles le maintien de l'ordre avaient été conçu, conduit et exécuté depuis fin août. Le rapport avait écarté, début décembre, toute faute professionnelle des gendarmes. Il réaffirmait également que les autorités n'avaient eu confirmation de la cause exacte de la mort que le mardi 28 octobre, après les résultats de police scientifique. Les PV d'audition des gendarmes témoins du drame ont cependant montré que les forces de l'ordre avaient fait, dès les heures qui ont suivi le drame, le lien entre le décès de Rémi Fraisse et l'explosion d'une grenade offensive lancée par un gendarme, dont l'utilisation a depuis été interdite par le gouvernement.

Pour Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, "cette garde à vue laisse entendre que l'institution judiciaire a une autre lecture que l'institution policière qui a rendu un rapport au ministre de l'Intérieur qui disait qu'aucune faute n'avait été commise". "Quand vous mettez en garde à vue quelqu'un, cela veut dire que vous avez des informations qui laissent penser que la personne a commis un délit", a-t-elle déclaré.