Mort d’un enfant en colonie : "tout le monde en pleurs dans le bus"

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Mort d’un enfant en colonie : "tout le monde en pleurs dans le bus"
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TRISTESSE - La mort d’un enfant de huit ans, parti en colonie de vacances, a suscité une vive émotion parmi ses voisins de Villeneuve-le-Roi.

Sentiments mêlés. La tristesse, l’incompréhension. A Villeneuve-le-Roi, dans le Val-de-Marne, au pied de l’immeuble où vivait l’enfant de huit ans mort en colonie de vacances mercredi à Ascou-Pailhères, ses amis et leurs parents sont sous le choc. Même s’il n’habitait parmi eux que depuis un mois, le petit garçon s’était déjà bien intégré au voisinage. Il laisse le souvenir d’un enfant plein d’énergie. Un de ses amis confie à Europe 1"la joie" qu’il avait de partir en colonie : "Dès qu’on en parlait, il nous narguait. Il nous disait : "vous, vous n’allez pas en colonie". Il ne parlait que de ça, c’était la première fois je crois." Le petit garçon est mort d’une "infection digestive aiguë" après avoir bu de l’eau du robinet impropre à la consommation, selon les premiers éléments de l’enquête.

>>> Lire aussi : Ariège, ce que l’on sait de la mort de l’enfant en colonie

"On pensait qu’il allait mourir dans très longtemps". Un autre de ses camarades se souvient d’un ami qui souriait "tout le temps" : "Il courait sans arrêt, il n’était jamais fatigué. Nous, on pensait qu’il allait mourir dans très longtemps." Une mère de famille du quartier explique quant à elle au micro d’Europe 1 que les voisins vont "tout faire pour les entourer et les aider quand la famille (actuellement à l’hôpital de Foix où est décédé l’enfant) rentrera".



Mort d'un enfant en colonie de vacances : l...par Europe1fr

Retrouvailles et soulagement à La Ciotat. Pour les parents des autres enfants de la colonie de vacances qui se tenait à Ascou-Pailhères, dans l’Ariège, c’est le soulagement des retrouvailles qui prédomine, comme à La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un car a ramené plusieurs enfants de la région, dont la fille de Nadia, qu’elle serre très fort dans ses bras à son arrivée.



A La Ciotat, les parents entre soulagement et...par Europe1fr

Le petit Damien, lui, est encore sous le choc. Il raconte le drame simplement, avec ses mots d’enfant : "Il y a un petit garçon qui a fait une intoxication et il est mort. Il avait huit ans." Le traumatisme est évidemment encore très présent pour lui et les autres : "Une amie a fait une crise d’angoisse tout le monde était en pleurs dans le bus j’ai essayé de pas pleurer." Damien, comme la plupart des enfants, va rapidement consulter un médecin, ce qui n’apaise pas pour l’instant la colère des parents : "Comme ça, mon enfant a l’air en forme, mais je vais quand même approfondir, puisqu’il a bu de cette eau", explique une mère de famille, tandis qu’un autre parent ne décolère pas : "Vous vous rendez compte ? On interdit de boire aux enfants mais on laisse de l’eau potable au robinet dans leur chambre. C’est grave !"

L’ARS avait prévenu les habitants le 3 juillet. La colère des parents vient du fait que les habitants du village où se tenait la colonie avaient été prévenus le 3 juillet  par l’Agence Régionale de Santé (ARS) qu’il ne fallait pas boire l’eau du robinet. En cause, la présence de "bactéries coliformes" dangereuses pour la santé, sans doute à l’origine de l’intoxication alimentaire du garçon.

Le risque zéro n’existe pas. Interrogée par Europe 1, Catherine Lapoix, sous-directrice au Haut Commissariat à la Jeunesse, rappelle que "tout ce qui peut être contrôlé l’est par les services de l’Etat. Il y a une vigilance organisée et les accidents sont beaucoup moins nombreux en colonie de vacances qu’au sein des familles. Mais il n’y a pas zéro risque, il existe une fatalité qui ne peut être évitée." L’administratrice rappelle que 750 agents de la jeunesse et des sports se rendent régulièrement sur les lieux où se tiennent les colonies de vacances, et ce "de façon inopinée pour contrôler le nombre de mineurs, les conditions d’hébergements, les menus, les frigos, tout ce qui peut être surveillé."

Le procureur de Foix a affirmé que les analyses anatomo-pathologiques du corps étaient encore nécessaires pour "identifier la cause de cette infection". En attendant, les portes du centre de vacances restent closes, et l’ambiance morose.

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