Moi Mohamed Bouhlel, homonyme du tueur de Nice et menacé de mort

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Moi Mohamed Bouhlel, homonyme du tueur de Nice et menacé de mort
Image d'illustration@ GIUSEPPE CACACE / AFP
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En vacances en Tunisie, l'homonyme niçois de l'auteur de l'attentat du 14-Juillet n'ose pas rentrer en France. Il est menacé de mort. 

"Je ne suis pas le tueur de Nice". Mohamed Bouhlel est l'homonyme de l'homme qui a fauché 84 personnes jeudi soir sur la Promenade des Anglais. Niçois et Tunisien, comme lui, il est depuis vendredi victime d'un véritable déferlement de haine sur les réseaux sociaux. Insultes, menaces... le jeune homme a même vu circuler sa photo, dans un tweet rageur qui l'envoie "brûler aux enfers" et l'accuse d'être l'auteur de l'attaque de Nice le 14-juillet. La méprise est telle et les insultes d'une telle virulence, qu'actuellement en vacances en Tunisie, le jeune homme a décidé de décaler son retour en France. 

Une énorme  méprise. "Mon nom ? Mohamed Bouhlel… Ce fou est mon homonyme et je paie ce hasard très cher", confie le jeune homme au Plus. "Choqué et extrêmement triste de voir son nom sali ainsi", Mohamed Bouhlel explique qu'en Tunisie, "les Mohamed Bouhlel, c’est un peu comme les Pierre Dupont en France. Il y en a des centaines. Le prénom est aussi répandu que le nom. Il suffit de regarder sur Internet pour voir que nous sommes beaucoup à nous appeler ainsi." Une précaution que n'a pas prise un internaute, qui a diffusé sa photo vendredi avec ces mots : "Le visage du #monstre qui a ensanglanté Nice: #Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Qu'il soit maudit!"

Il a peur de rentrer à Nice. Mohamed Bouhlel a porté plainte, mais redoute les jours à venir. "Je suis plus que chamboulé par cette situation. La mésaventure, pour dire le peu, est si violente pour moi que je n’ose pas rentrer à Nice. En effet, je suis en Tunisie en ce moment pour les vacances d’été et mon billet de retour était prévu pour le 15 juillet…", explique-t-il au Plus, avouant avoir "très peur de l’accueil que me réserveront ceux qui m’accablent de menaces de mort et d’insultes".

Attendu sur son lieu de travail lundi, il estime "dans ces conditions ne pas être sûr de pouvoir y être à temps".