Matthias Schepp, "un père aimant"

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Matthias Schepp, "un père aimant"
Matthias Schepp, le père des jumelles portées disparues, aurait été un "père aimant" selon sa famille.@ REUTERS
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<CUSTOM NAME="HIGHLIGHT"><CUSTOM NAME="HIGHLIGHT"> </CUSTOM></CUSTOM>PORTRAIT - Le père des jumelles disparues avait "perdu sa personnalité" selon sa famille.

Qui était Matthias Schepp, ce père de famille qui a enlevé ses deux filles à leur mère, le 30 janvier, et qui s’est suicidé cinq jours plus tard ? Europe1.fr a redessiné son portrait.

Un homme malheureux. Matthias Schepp était un ingénieur suisse, né au Canada, et âgé de 43 ans. Il était marié à Irina Lucidi, une Italienne de 44 ans. Ils travaillaient tous deux pour le géant du tabac Philip Morris. Ensemble, ils ont eu deux enfants : des jumelles, âgées de six ans, Alessia et Livia. Tous les quatre vivaient en Suisse, à Saint-Sulpice dans la banlieue de Lausanne, mais le couple était en instance de divorce.

Séparé depuis le mois d'août 2010, la garde des filles avait été attribuée à la mère. Le père avait un droit de visite et d'hébergement régulier. Matthias Schepp vivait très mal cette séparation. C'est ce désarroi qui l'aurait poussé à enlever les fillettes le 30 janvier dernier et à se suicider.

"Un père aimant et attentionné".La famille de Matthias Schepp, qui s’est exprimée pour la première fois depuis la disparition des jumelles Alessia et Livia, décrit un "un père aimant et attentionné ainsi qu'un homme respectueux". "Sa famille était tout pour lui", explique-t-elle.

La femme de Valerio Lucidi, le frère de la mère d’Alessia et Livia, a expliqué sur Europe 1 que Matthias Schepp "était incroyablement paternel, prévenant, gentil et doux". Elle a assuré que ses enfants étaient "pour lui, toute sa vie". Elle décrit "un homme très seul", avec très peu d’amis".

"Une perte de sa personnalité". Les parents, frères et soeurs de Matthias Schepp s’expliquent son périple macabre par "un trouble mental grave" et "une perte de sa personnalité normale". C’est pourquoi ils s’accordent à dire qu’il a pu "commettre, ces derniers temps, des actes aussi terribles".

Pour l’ex-belle-sœur de Matthias Schepp, "l’idée qu’il n’ait pas la garde partagée, c’était totalement inimaginable pour lui". Car, explique-t-elle, "toute sa vie tournait autour des enfants". Sans les jumelles, c’est un "vide intégral (qui) arrivait vers lui".

"Il n’avait plus de vie en lui". La famille de la mère des jumelles a fait analyser, par un professeur de l’université de Zurich spécialisé en psychiatrie et en maladies neurologiques, les lettres que Matthias Schepp a envoyées de France et d’Italie depuis la disparition des deux petites filles. "En lisant ses mots, il a senti qu’il avait déjà la mort en lui. Ce qui confirme qu’il se soit suicidé plusieurs jours après avoir écrit ces mots", raconte la sœur de Valerio Lucidi.

Il ne se séparait jamais de son magnétophone. Matthias Schepp avait en permanence sur lui un petit enregistreur. Les enquêteurs parlent d’un vieux modèle qui n'a été retrouvé ni chez lui en Suisse, ni dans sa voiture, ni à proximité de son corps". Selon les hommes chargés de l’affaire, le père des jumelles a pu l’envoyer à sa femme par la Poste, de la même manière qu’il lui a fait parvenir une grosse somme d’argent, retirée lors de son passage en France.