Marie-Jeanne : un marginal recherché

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Marie-Jeanne : un marginal recherché
C'est dans cette fosse dans les hauteurs de Tournon que le corps sans vie de Marie-Jeanne, mais aussi l'ADN du suspect numéro un aux alentours, ont été découverts.@ MAXPPP
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Le suspect n°1 du meurtre de la lycéenne, en juin, avait brièvement été détenu par les gendarmes.

Depuis la découverte du corps calciné de Marie-Jeanne Meyer, une lycéenne de 17 ans, à Tournon-sur-Rhône, en Ardèche, le 21 juin, les enquêteurs sont à la recherche d’un jeune marginal de 20 ans, dont l’ADN a été trouvé sur le lieu du crime. Or, le jeune homme a été dans les mains de la gendarmerie le jour même de la découverte du corps de l’adolescente. Selon M6, Anthony Draoui a été détenu à Saint-Rambert-d’Albon, dans la Drôme, pour une tentative de braquage dans un salon de coiffure.

"Si j'avais eu les moyens, je t'aurais tué"

Le jeune homme était connu dans la région pour ses accès de violence sur les biens et les personnes. Armand l'a hébergé dans son hôtel : "un jour, il a pété les plombs. Il a massacré sa chambre à coups de démonte-pneu, il démolissait les murs", témoigne-t-il au micro d'Europe 1. Décrit comme marginal, il aurait également agressé plusieurs personnes handicapées.

"C'était un homme qui avait l'air d'avoir des problèmes psychiatriques", a raconté Edith Magnat, gérante de l’établissement, à M6. "Il m'a empoignée et m'a menacée avec un couteau, hystérique. Il voulait la caisse". C’est finalement le compagnon de la victime qui est parvenue à mettre en fuite l’agresseur, non sans avoir été menacé de mort. "Tu as de la chance. Si j'avais eu les moyens, je t'aurais tué", lui aurait-il lancé. Quelques instants plus tard, Anthony Draoui était arrêté par la gendarmerie, alors qu’il se revenait vers le salon de coiffure, armé d’un marteau.

Le jeune homme a ensuite été admis à l’hôpital de Saint-Vallier pour une expertise psychiatrique. Puis il est allé au terme de sa garde à vue avant d’être libéré. Il est convoqué par la justice dans cette affaire le 18 octobre prochain. C’est quelques semaines plus tard que les enquêteurs découvriront son ADN sur la scène de crime.

Il est toujours introuvable

Cette remise en liberté, Edith Magnat ne l’a pas comprise. "Elle a écrit une lettre au procureur pour demander des explications. "Vous n'êtes pas sans savoir qu'il s'agit d'un individu dangereux et qui plus est multirécidiviste (...). Cet homme est malade il faut le contraindre à des soins avec un suivi sérieux avant qu'il ne finisse par tuer quelqu'un ou se faire tuer lui-même", écrivait-elle notamment dans ce courrier daté du 25 juin. "Je vous prie de tout mettre en œuvre pour mettre hors d’état de nuire ce personnage malfaisant dans les meilleurs délais."

Le père de Marie-Jeanne veut continuer à "se battre"

Il est désormais plus qu’improbable qu’Anthony Draoui se présente à sa convocation le 18 octobre. L’homme a disparu depuis la mi-juillet. Les enquêteurs refusent pour autant d’y voir un aveu de culpabilité. Le jeune homme teste un témoin. "Rien ne dit qu'il était à (l’)endroit (où le corps a été retrouvé) en même temps que Marie-Jeanne. Beaucoup de gens connaissaient ce site. Pour nous, c'est juste un témoin important qui a peut-être fui la justice car il devait comparaître pour l'affaire de Saint-Rambert." En attendant, le jeune homme reste activement recherché.

Et le père de Marie-Jeanne, Jean-Philippe Meyer, n'a plus qu'à attendre. Au micro d'Europe 1, il sort du silence dans lequel il s'était réfugié depuis deux mois et demi : "il faut se battre encore pour essayer de comprendre les choses". "Le dossier, je ne l'ai toujours pas vu", déplore-t-il.