Lille : l'enseignant détracteur du lycée Averroès condamné

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Lille : l'enseignant détracteur du lycée Averroès condamné
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Le professeur de philosophie qui avait vivement critiqué dans une tribune le lycée musulman Averroès, à Lille, a été condamné vendredi par le tribunal de police pour diffamation non-publique et injure publique.

Le professeur de philosophie qui avait vivement critiqué le 5 février, dans une tribune de Libération, le lycée musulman Averroès à Lille, a été condamné vendredi par le tribunal de police pour diffamation non-publique et injure publique. Il a promis de faire appel.

Une tribune au cœur de l'affaire.Soufiane Zitouni avait publié le 5 février une tribune dans Libération intitulée "Pourquoi j'ai démissionné du lycée Averroès", dans laquelle il accusait les responsables du premier établissement privé musulman sous contrat avec l'Etat de diffuser "de manière sournoise et pernicieuse une conception de l'islam qui n'est autre que l'islamisme". L'enseignant, qui donnait des cours dans le lycée depuis septembre dernier, affirme avoir rencontré des problèmes le poussant à la démission, après la publication d'une première tribune consécutive aux attentats de janvier, intitulée "Aujourd'hui le prophète est aussi Charlie".

Moins d'une semaine après sa tribune dans Libération, la direction du lycée situé à Lille avait lancé une procédure judiciaire par citation directe, rédigée sur la base de propos similaires tenus par le professeur de philosophie dans un courriel adressé à plusieurs collègues.

Pas assez de preuves. Vendredi, le tribunal a donné raison au lycée, estimant que Soufiane Zitouni n'avait pas apporté "d'éléments et de preuves de nature à justifier ses critiques". L'enseignant a été condamné à verser 10 euros pour diffamation non-publique et 10 autres euros pour injure publique, à verser également l'euro symbolique de dommages et intérêts que réclamait le lycée et à 500 euros pour les frais de procès.

Confusion entre l'éthique musulmane et la philosophie. "Un homme ne peut pas calomnier sur la place publique plus de 600 personnes sans apporter la preuve de ce qu'il avance, alors qu'il y a un rapport de l'Education nationale qui vient de démentir point par point tout ce qu'il a avancé", a réagi l'avocat de l'association gérant le lycée, Me Hakim Chergui, se félicitant de la décision. A la suite de l'affaire, le rectorat avait rédigé en février un rapport d'inspection, dans lequel il estimait que le lycée respectait "globalement" les termes de son contrat avec l'Etat. Il pointait toutefois une confusion entre l'enseignement d'éthique musulmane et la philosophie.

Une décision "injuste" pour le professeur. Soufiane Zitouni, de son côté, a déclaré à la presse trouver "complètement injuste qu'on (le) juge coupable pour avoir dénoncé des choses graves". "Je vais faire appel, prendre un avocat et il y aura un vrai procès avec des preuves tangibles". A l'audience du 29 mai, le professeur avait dénoncé notamment les "réactions épidermiques" des élèves à la théorie de l'évolution de Darwin, les positions pro-Hamas de certains professeurs ou encore la prescription du port du voile comme "obligation religieuse" par un imam lors du prêche du vendredi.

Il y a une semaine, il avait confié avoir retrouvé un poste à la rentrée dans un lycée catholique sous contrat avec l'Etat à Valenciennes dans le Nord, et ce, grâce à l'intervention de la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem.