Le maire gifleur veut un procès public

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Le maire gifleur veut un procès public
@ LIONEL GOUGELOT
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Un an après avoir donné une claque à un ado, Maurice Boisart a refusé le "plaidé coupable".

Pas question de régler cette affaire en toute discrétion, derrière la lourde porte du bureau d'un juge. Maurice Boisart, maire de Cousolre, une petite commune nordiste de 2.500 habitants près de Maubeuge, a refusé mardi, comme il l'avait annoncé, la peine proposée par le procureur d'Avesnes-sur-Helpe dans le cadre du plaidé coupable, 600 euros, afin de bénéficier d'un procès public pour avoir adressé, il y a un an, une gifle à un adolescent de 17 ans qui l'avait insulté.

Retour sur les faits : l'élu avait demandé à l'ado de descendre du grillage communal qu'il escaladait pour aller chercher son ballon. Le père et le fils sont alors allés porter plainte pour coups et blessures contre le maire, qui avait en plus reçu des menaces de mort.

"J'ai mis une baffe. Point"

"J'ai mis une baffe. Point. Comme un père aurait fait à son gamin quand il lui répond de travers. Et aujourd'hui, on en est là au tribunal, pour ça", justifie l'élu au micro d'Europe 1. "Je souhaite que cette affaire, qui symbolise le malaise des maires confrontés aux nombreuses incivilités, soit débattue sur la place publique", a expliqué le maire.

"C'était le rôle qu'on m'avait confié, de faire respecter l'ordre dans le village. Si je m'éloignais en tournant le dos, je baissais les bras, je lui donnais raison et je manquais à mon devoir", ajoute-t-il.

Ses administrés et d'autres élus le soutiennent

Cette affaire avait fait beaucoup de bruit, tant dans le village qu'auprès d'autres élus. Maurice Boisart, qui a souffert de cette mauvaise publicité au point, dit-il, d'avoir les cheveux qui ont blanchi en quelques semaines sous le coup du stress, apprécie ces témoignages de soutien.

Sur un registre mis à disposition dans le hall de la mairie de Cousolre, des centaines de mots noircissent désormais les pages. Un habitant lui apporte son soutien en expliquant que le maire a fait "ce que les parents auraient dû faire depuis longtemps". A la mairie, la boîte aux lettres déborde aussi de courrier venu de l'extérieur. Maurice Boisart a reçu le soutien de plusieurs dizaines d'élus d'autres communes de France, solidaires.

Rendez-vous devant la justice en février 2012

Le procès public de Maurice Boisart se tiendra devant le tribunal correctionnel le 3 février 2012. "Si je suis condamné, je serais très, très déçu. Je pense que je suis un homme fidèle, honnête, j'ai rendu service à ma commune pendant presque 30 ans de mandat. Des gens qui n'avaient pas voté pour moi sont venus reconnaître mon mérite", apprécie-t-il encore.