Un couple de djihadistes rêvait de faire exploser la tour Eiffel

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Un couple de djihadistes rêvait de faire exploser la tour Eiffel
La Tour Eiffel fait l'objet d'un dispositif de sécurité renforcé.@ LIONEL BONAVENTURE / AFP
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Deux apprentis terroristes interpellés le mois dernier dans l'Hérault ont revendiqué leur projet "magnifique" devant les enquêteurs : s'attaquer au lieu touristique le plus emblématique de France.

C'est l'histoire de deux apprentis djihadistes interpellés dans l'Hérault le 10 février. Les premiers éléments laissaient entendre qu'ils préparaient un attentat à la ceinture explosive dans un lieu touristique. Leurs auditions ont depuis révélé l'ampleur de leur projet "magnifique" : faire exploser la Tour Eiffel, ce "truc moche". Le Monde, après avoir consulté l'enquête de la sous-direction antiterroriste, raconte cet "amour adolescent qui les a embarqués dans une dérive démente".

"La faire pencher." Tout commence par une rencontre en ligne, à l'été 2016. Avec une formation de couvreur, lui, 20 ans, est au chômage à Charleville-Mézières. Elle, 16 ans, s'apprête à redoubler sa classe de troisième, dans l'Hérault. Il la rejoint en août, à la faveur d'une formation comme soudeur dans le Gard, avant d'être renvoyé de son centre d'apprentissage à la mi-décembre pour violences et absentéisme. Il perd son toit et s'installe dans un local technique de la résidence où Angela vit avec sa mère, une femme catholique qui s'est convertie à l'islam.

Dans un vain espoir de discrétion, il menait ses recherches Internet depuis sa console de jeux vidéo, sur laquelle il utilise le pseudonyme "Weed-weed war" ("Cannabis-cannabis guerre"). Il s'informe sur l'architecture de la Tour Eiffel et les moyens de la dynamiter. Une entreprise difficile, qu'ils n'étaient pas sûrs de mener à terme… "Mais au moins espéraient-ils 'la faire pencher'", rapporte Le Monde.

Vous m'avez empêché de partir en Syrie, alors je fais ça.

Pour cela, ils estiment à dix le nombre de djihadistes à mobiliser pour cette attaque. "Un devait grimper sur les pieds, un autre devait lancer de la fumée pour détourner l'attention. Un autre devait tirer des coups de feu sur les militaires qui devaient alors intervenir à ce moment-là", explique-t-elle. Tous devaient être équipés de ceintures explosives.

D'autres cibles à Montpellier. Devant les enquêteurs, le couple a reconnu ses projets djihadistes, la recherche d'armes, l'achat de produits chimiques pour préparer les explosifs (71g de TATP ont été saisis lors des premières perquisitions). Devant l'ampleur de la tâche, ils envisageaient de se rabattre des lieux emblématiques de Montpellier, la place de la Gare ou celle de la Comédie.

Les services de renseignement le surveillaient déjà, puisqu'il était fiché S et assigné à résidence depuis le 3 décembre 2016 après avoir été intercepté à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle avec un aller simple pour la Turquie entre les mains. "Vous m'avez empêché de partir en Syrie, alors je fais ça", lâche-t-il lors de son interpellation avant d'exprimer sa rancœur en garde à vue : "La France, ça m'énervait, je n'avais pas d'avenir."