La mosquée de Limoges profanée

  • A
  • A
La mosquée de Limoges profanée
Image prétexte@ REUTERS
Partagez sur :

Des excréments ont été découverts mercredi matin sur les portes du bâtiment.

Déjà prise pour cible il y a deux mois, la mosquée de Limoges, dans le Limousin, a été profanée dans la nuit de mardi à mercredi. Des excréments ont été découverts sur les portes du bâtiment, suscitant l'indignation du ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

"Des déjections déposées et jetées"

Selon les enquêteurs, la police a découvert ces dégradations au petit matin, vers 6 heures30, à la suite de l'appel d'un usager de la mosquée, située dans le nord de la ville.

Sur place, les policiers ont découvert "des déjections déposées et jetées sur l'encadrement de la porte de l'édifice". "La scène a été rapidement nettoyée", a-t-on ajouté de même source, en soulignant que la Sûreté départementale s'était vue confier une enquête pour "dégradations".

"Je ne comprend pas que la mosquée de Limoges soit la cible de telles attaques dans la mesure où son recteur est un homme très ouvert et impliqué dans la vie associative et civile", a regretté le député-maire PS de Limoges, Alain Rodet.

Valls promet de faire la lumière sur cette affaire

Valls

© MAXPPP

 Le ministre de l’Intérieur n’a également pas tardé à réagir. Manuel Valls a condamné "avec la plus grande fermeté la nouvelle profanation de la mosquée de Limoges". "Cet acte porte gravement atteinte à la dignité des musulmans et choque l'ensemble des citoyens attachés aux valeurs de respect et de tolérance", a-t-il souligné, avant d’ajouter : "s'attaquer à une religion, c'est s'attaquer à la République".

Après avoir assuré de son soutien les communautés musulmanes de Limoges et de France, Manuel Valls a "réaffirmé sa détermination, ainsi que celle des services de police en charge des investigations, à identifier le ou les auteurs de ces agissements intolérables, afin de les déférer à la justice".

Des caméras devant la mosquée ?

Le ministère de l’Intérieur a d’autant plus réagi avec célérité que la mosquée de Limoges avait déjà été la cible d’une autre profanation il y a moins de deux mois. Deux tags néo-nazis avaient été découverts fin juillet sur la double porte d'entrée de l’édifice. Les enquêteurs n'écartent aucune piste, y compris celle d'un acte isolé sans caractère islamophobe, bien que la mosquée, dotée d'un minaret, apparaisse clairement comme un lieu de culte musulman.

Au cours des derniers mois, les actes islamophobes visant des mosquées se sont multipliés. Selon l'Observatoire national contre l'islamophobie, leur nombre a augmenté de 14,49% au premier semestre en France. "Il faudrait que les communes prennent le problème au sérieux et mettent des caméras devant les mosquées, comme c'est le cas pour les synagogues", a ajouté le président de l'Observatoire, Abdallah Zekri.