Elle avait dénoncé une agression imaginaire, l'ex-Femen Amina condamnée

  • A
  • A
Elle avait dénoncé une agression imaginaire, l'ex-Femen Amina condamnée
@ REUTERS
Partagez sur :

Amina Seboui a été condamnée mercredi à 1.500 euros d'amende avec sursis pour avoir dénoncé à la police une agression imaginaire par des islamistes à Paris.

Elle aura finalement écopé d'une peine clémente. L'ex-Femen tunisienne, Amina Seboui, a été condamnée mercredi à 1.500 euros d'amende avec sursis pour avoir dénoncé à la police une agression imaginaire par des islamistes à Paris. Cette peine "extrêmement légère par rapport à la gravité des faits" a été prononcée en tenant compte tenu du "contexte" et de la "situation personnelle" de la jeune femme, a expliqué la présidente du tribunal correctionnel de Paris. Fin septembre, Amina Seboui avait d'ailleurs adressé une lettre d'excuse au procureur, où elle expliquait les raisons de son mensonge.

>> LIRE AUSSI - L'ex-Femen Amina bientôt jugée pour "dénonciation mensongère"

L'histoire. La militante de 19 ans avait porté plainte début juillet, déclarant que cinq islamistes avaient entrepris de lui raser cheveux et sourcils. Elle avait d'abord raconté cette agression imaginaire sur Facebook, puis les coups de fils ont afflué, et ses amis sur le réseau social lui ont conseillé d'aller au commissariat. Grâce à la vidéosurveillance, les policiers ont retracé son parcours dans le métro, sans constater aucune agression. Surtout, ses sourcils et ses cheveux sont alors intacts.

Les excuses. Fin septembre, elle a finalement reconnu avoir menti. "Je suis désolée", a répété à la barre Amina Seboui, "je me suis sentie seule, je voulais attirer un peu l'attention de mes amis". "Je ne pensais pas que ça irait jusque-là", a-t-elle répondu à la présidente qui lui demandait si "avec le recul", la lycéenne pensait qu'il s'agissait d'une "bonne méthode".

>> LIRE AUSSI - Tunisie : Amina quitte Femen

L'avenir. Si la jeune femme s'est réjouie que le tribunal se soit montré "compréhensif", elle a précisé qu'elle ne renoncerait pas à son militantisme. "Si je fais une action et que je suis arrêtée ?", a d'ailleurs demandé Amina Seboui à l'audience. "Si une action constitue une infraction pénale, bien entendu, ça peut avoir des conséquences", lui a alors répondu la présidente.

"Je ne crois pas que ce soit une incitation du tribunal à renoncer à son combat", a réagi son avocat Martin Pradel, selon lequel désormais "quand elle dira quelque chose, elle sera scrupuleuse pour que ce soit la stricte vérité."

>> LIRE AUSSI - L'ex-Femen Amina renvoyée au tribunal pour une agression

Le passé. Amina Seboui s'était fait connaître en Tunisie, où elle avait fait deux mois et demi de détention provisoire en 2013 pour avoir peint le mot "Femen" sur le muret d'un cimetière de Kairouan (sud de Tunis) afin de dénoncer la tenue d'un rassemblement salafiste. Après avoir reçu des marques de soutien des autres Femen, elle avait décidé de quitter ce mouvement féministe en l'accusant d'"islamophobie".