Drôme : un agriculteur jugé pour avoir abattu le voleur de ses truffes

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comparaît devant la cour d'assise de la Drome depuis mardi. © AFP
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et Emilie Nora , modifié à
Laurent Rambaud, trufficulteur de 37 ans, est jugé pour le meurtre d'Ernest Pardo, alias "Néné" abattu de deux coups de fusil en 2010 dans une truffière de la Drome.

Il le soupçonnait de lui voler ses truffes, or noir qui se négocie près de 1.000 euros le kilo à cette période de l'année. En décembre 2010, Laurent Rambaud, trufficulteur de 37  ans, ancien président du syndicat départemental des Jeunes Agriculteurs, abat Ernest Pardo, 43 ans, dans une truffière de Grignan dans le sud de la Drôme. L'homme est jugé à partir de mardi devant les assises.

"C'est moi qui ai tiré, qui lui ai donné la mort". La tête basse, vêtu d'une veste sombre sur une chemise claire, Laurent Rambaud s'approche du micro : "c'est moi qui ai tiré sur Monsieur Pardo, qui lui ai donné la mort. Je l'assume depuis quatre ans et demi, même si je n'ai jamais voulu tuer M. Pardo ni quiconque". L'agriculteur de 37 ans, porte le poids de son acte sur les épaules, assure au micro d'Europe 1 son avocat, Me Alain Fort. "Il s'est rendu compte qu'il avait tiré sur quelqu'un qui n'était pas armé. Il s'est rendu compte qu'il avait commis une erreur majeure d'appréciation. Et depuis, tous les jours, il regrette son geste".

Un coup de fusil dans le ventre, un autre dans la tête. Laurent Rambaud est décrit comme bon fils, bon mari, bon père de famille. L'homme est pompier volontaire depuis l'âge de 16 ans, très impliqué dans la vie sociale et associative de sa commune, son parcours semble exemplaire. Mais pour l'avocat de la famille de la victime, pas de circonstances atténuantes.

"Il s'est passé un long moment entre l'instant où il a été fusillé sur place : deux coups de fusil, un premier dans le ventre et un deuxième en pleine tête. On ne lui a laissé aucune chance et on a appelé les policiers une demi-heure plus tard. Que s'est-il passé pendant ce temps-là ? Mes clients sont convaincus que c'était un guet-apens", déplore-t-il.  

"Comment une personne dont le portrait est si éloquent peut-il avoir fait ce qu'on lui reproche ?" s'est interrogé le président lors de la première matinée d'audience. La cour a jusqu'à vendredi pour tenter de comprendre. Laurent Rambaud encourt une peine maximale de trente ans de réclusion