Abdelhamid Abaaoud est bien mort dans l'assaut de Saint-Denis

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Abdelhamid Abaaoud est bien mort dans l'assaut de Saint-Denis
@ DABIQ / AFP
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Le corps du potentiel chef opérationnel des attentats de Paris a été identifié, a annoncé le parquet jeudi. 

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Abdelhamid Abaaoud, potentiel chef opérationnel des attentats de Paris, est bien mort dans l'assaut du Raid, mené mercredi à Saint-Denis. Le corps a été "formellement identifié comme ayant été tué au cours de l'assaut", a annoncé le parquet. 

L'enquête progresse donc jeudi. Huit personnes ont également été interpellées et placées en garde à vue après l'assaut de mercredi. Mais selon les informations d'Europe 1, il y a peu de chances que ces huit suspects apportent beaucoup d'éléments pour faire avancer l'enquête. En revanche, les corps parlent : ce sont les empreintes digitales qui ont permis d'identifier Abaaoud, et les enquêteurs travaillent maintenant sur l'autre corps retrouvé mercredi.

Les informations à retenir 

  • Le corps d'Abdelhamid Abaaoud a été identifié parmi les morts après l'assaut de Saint-Denis

  • Huit suspects ont été interpellés après cet assaut

  • Au moins deux terroristes sont morts lors de l'assaut, la police cherche un troisième corps

  • La police belge a mené six perquisitions et neuf interpellations jeudi matin

Abdelhamid Abaaoud est mort. Le corps d'Abdelhamid Abaaoud, potentiel chef opérationnel des attentats de Paris, a été "formellement identifié comme ayant été tué au cours de l'assaut" mené mercredi contre un appartement de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a annoncé jeudi le procureur de la République de Paris. "Il s'agit du corps découvert dans l'immeuble, criblé d'impacts", précise le procureur dans un communiqué. Le corps du jihadiste belge a été identifié "après comparaison de traces papillaires". Les empreintes digitales retrouvées sur le corps du terroriste belge ont été comparées avec celles enregistrées dans les fichiers de la police belge, ce qui a permis de l'identifier. "On ignore par ailleurs à ce stade si Abaaoud s'est fait - ou non - exploser", a par ailleurs indiqué le parquet. 

Un "rôle déterminant" dans les attentats de Paris. Abdelhamid Abaaoud, à la tête d'une cellule djihadiste en Belgique, était bien connu des services de police locaux. Visé par un mandat d'arrêt international, il avait été condamné à 20 ans de prison par contumace en août dernier. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, dans une déclaration jeudi, a souligné son "rôle déterminant" dans les attentats de Paris du vendredi 13 novembre mais aussi son "implication" dans le projet d'attentat contre des églises à Villejuif. "Parmi les six attentats évités ou déjoués par les services de renseignement français depuis le printemps 2015, Abaaoud semble avoir été impliqué dans quatre d'entre eux", a précisé le ministre. 

Au sujet de sa présence dans l'Hexagone, "aucune information émanant de pays européens dans lesquels il aurait pu transiter avant d'arriver en France ne nous a été communiquée suggérant qu'il ait pu arriver en Europe et cheminer jusqu'à la France", a-t-il ajouté. Abdelhamid Abaaoud avait rejoint la Syrie en 2014.

Les suspects arrêtés sont-ils liés aux attentats ? Au total, huit personnes ont également été placées en garde à vue après l'assaut de Saint-Denis. Les trois hommes qui ont été interpellés dans l'appartement des terroristes se présentent comme des Marocains, innocents. Il pourrait s'agir d'occupants de l'appartement mitoyen de celui contre lequel l'assaut a été mené. Au cours de l'attaque, une partie des murs a explosé et ces trois hommes se seraient retrouvés au milieu des gravats de l'appartement des terroristes. Ils se sont rendus sans résistance. Par ailleurs, deux hommes, dont on ignore le rôle, ont été arrêtés dans un appartement mitoyen, alors qu'ils étaient en train de se cacher dans les gravats. 

Un autre individu a également été placé en garde à vue. Tout comme un couple, interpellé à l'extérieur, à proximité de la planque, et dont l'homme serait un certain Jawad B. Ce dernier a expliqué qu'il s'agissait de son appartement et qu'il aurait hébergé les terroristes sur la demande d'amis, sans savoir qui ils étaient. Selon nos informations, c'est de lui que les enquêteurs attendent le plus d'informations potentielles.


Assaut Raid

© KENZO TRIBOUILLARD / AFP



Un voire deux autres corps à analyser. Deux terroristes ont donc été tués de manière certaine mercredi : celui de la femme kamikaze qui a ouvert le feu sur la police avant de se faire exploser avec une ceinture d'explosifs, et celui d'un homme criblé de balles et d'éclats de grenades, qui vient d'être identifié comme celui d'Abaaoud. Les enquêteurs sont par ailleurs à la recherche d'un éventuel troisième corps.

Neuf interpellations en Belgique. Neuf personnes au total ont été interpellées jeudi à Bruxelles dans le cadre des investigations en lien avec les attentats de Paris et l'entourage de Bilal Hadfi, l'un des djihadistes décédés dans les attentats de Paris, a indiqué le parquet fédéral belge.

Sept d'entre elles ont été appréhendées dans le dossier concernant Bilal Hadfi lors de six perquisitions menées à Bruxelles, notamment dans la commune de Molenbeek, considérée comme une base arrière du djihadisme européen. Deux autres personnes ont été interpellées dans le cadre plus général de l'enquête sur les attentats commis à Paris vendredi, a précisé le parquet.

Selon la RTBF, une personne a été arrêtée dans l'ancienne commune de Laeken, rattachée à Bruxelles. "C'est un dossier qui existait déjà, suite au départ de M. Hadfi vers la Syrie", a-t-il précisé.

Bilal Hadfi, 20 ans, de nationalité française mais résidant en Belgique, est l'un des kamikazes morts après avoir actionné son gilet d'explosifs sur l'esplanade du Stade de France près de Paris. Les perquisitions ont été menées dans différentes communes de l'agglomération bruxelloise, dont Molenbeek-Saint-Jean, Jette et Uccle, a précisé le parquet. Par ailleurs, une autre perquisition a été menée dans la matinée dans le quartier bruxellois de Laeken, "dans le cadre du dossier Paris", lors de laquelle une personne a été interpellée. Son degré d'implication "reste à voir", a précisé le parquet.