Joeuf : après la mort de Lucas, la commune entre deuil et colère

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Joeuf : après la mort de Lucas, la commune entre deuil et colère
@ AFP
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Le garçon de sept ans, Lucas, sauvagement poignardé jeudi alors qu'il revenait de l'école à pied à Joeuf, en Meurthe-et-Moselle, a succombé à ses blessures, lundi soir. Plongeant la commune dans la tristesse.

La mauvaise nouvelle a dévasté la commune. Lundi soir, le petit Lucas est décédé des suites de ses blessures. Ce garçon de sept ans a été poignardé à sept reprises, par un homme de trente ans, jeudi dernier, alors qu'il rentrait de l'école à pied, à Joeuf, en Meurthe-et-Moselle.

L'espoir s'éteint. Pourtant, ici tout le monde pensait que l'état de santé du petit garçon était en train de s'améliorer. Cet espoir s'était exprimé avec force dimanche, lors de la marche blanche ayant réuni plus de 1.700 personnes. Opéré et hospitalisé à Nancy depuis le drame, Lucas, plongé dans un coma artificiel, était alors dans un état stationnaire. A Joeuf, on ne voulait retenir que cela, mais cet état stable était grave.

"Face à l'injustice, il y avait l'espoir". Pour le maire de ce village de 6.500 âmes, André Corzani, "cela nous paraît tellement injuste de voir un petit bout de chou comme cela si sauvagement agressé, qu'on ne pouvait pas imaginer le pire. Face à l'injustice, il y avait cet espoir qui essayait de nous maintenir debout".

"En même temps, nous étions lucides, ajoute l'édile au micro d'Europe 1. J'ai toujours su que le cas de Lucas était critique. Les parents eux-mêmes attendaient le miracle, tout en connaissant la situation. Nous allons poursuivre, nous allons rester autour de la famille."

Recueillement. Alors quand ils ont appris le décès du petit garçon, lundi soir, de nombreux habitants de Joeuf sont venus se recueillir à l'endroit de l'agression mortelle. A l'instar de Christelle, qui sèche ses larmes et celles de sa fille. Leurs deux visages sont éclairés par les dizaines de bougies déposées sur le trottoir.

Comment expliquer aux enfants ? Sa fille était une amie du petit Lucas. Pour les parents, il faut expliquer aux enfants. "J'ai tout simplement dit : 'bah voilà, ton copain Lucas il est parmi les étoiles. C'est une nouvelle étoile dans le ciel. […] Je n'ai pas de mots, je ne sais même pas comment expliquer à un gamin… Qu'est-ce que vous voulez que je lui dise ?", s'interroge auprès d'Europe 1 cette mère de famille, des sanglots dans la voix. "C'était leur ami, tout simplement. C'était un petit bonhomme plein de joie, adorable, tout timide… Franchement, il ne méritait pas ça", s'émeut-elle encore.

Le suspect est-il responsable pénalement ? Aux côtés de Christelle, des fleurs et des peluches ont également été déposés. Un peu plus loin, un homme fait un signe de croix. "Au départ, il est malade, mais moi j'aimerais bien qu'il soit déclaré responsable pour qu'il soit vraiment jugé pour ce qu'il a fait. Pour moi, il est responsable", estime Daniel au micro d'Europe 1. C'est aussi ce qu'attend le maire, André Corzani : "Nous espérons bien que la responsabilité pénale de cet individu sera établie et que justice pourra être rendue."

Jusqu'à présent, des troubles psychiatriques ont été décelés sur l'agresseur de Lucas, mais pas au point de mettre en cause sa responsabilité pénale. Le suspect encourt donc la réclusion à perpétuité. L'autopsie de l'enfant est prévue dans la journée de mardi.