Dammartin : "J’ai vu une Kalachnikov et là j’ai compris"

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Dammartin : "J’ai vu une Kalachnikov et là j’ai compris"
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TÉMOIGNAGE - Le gérant de l'imprimerie où s'étaient réfugiés les frères Kouachi raconte sa journée hors du commun.

Vendredi matin. Recherchés depuis près de 48 heures, les frères Kouachi sont repérés au nord-est de Paris et prennent la direction de Dammartin-en-Goële. Dans la zone industrielle de cette commune, ils investissent une imprimerie qui sera très rapidement encerclée par le GIGN. Europe 1 a pu rencontré le gérant de l'entreprise, Michel Catalano, qui a vécu "une scène assez incroyable".

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"J’ai d’abord cru être dans un film et j’ai compris". "J’attendais un fournisseur. Quand ca  a sonné, on a ouvert, j’ai dit à Lilian 'ça doit être le fournisseur'. Quand je suis allé jusqu’au bout de la vitrine, que vous avez pu voir à la télévision, j’ai vu qu’ils discutaient avec mon chef d’atelier, Stéphane, qui était arrivé au même moment. J’ai vu une kalachnikov et un lance-roquette et, là, j’ai d’abord cru être dans un film et j’ai compris. J’ai marché calmement, je me suis retourné, j’ai été voir Lilian, je lui ai dit de se cacher, en croyant faire bien", témoigne Michel Catalano.

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"Je les ai entendus monter l’escalier donc je me suis dit : 'comme je ne pouvais pas me cacher, je vais vers eux'", poursuit-il avant d'ajouter : "J’ai vécu une scène assez incroyable puisque je leur ai offert le café. Ils m’ont dit 'ne vous inquiétez pas, appelez la gendarmerie, ça va se terminer maintenant'. J’ai donc appelé la gendarmerie pour prévenir que j’étais otage".


Dammartin prise otages lilian 1280 640 AFP

© AFP dominique faget

"Les gendarmes sont arrivés et ils leur ont même fait signe de ne pas tirer tout de suite parce que j’étais là. Ensuite ils sont descendus et ils ont tiré. Là, je me suis réfugié dans mon bureau, j’ai entendu remonter tout doucement des pas. Je me suis dit 'c’est les gendarmes ou c’est eux'. Quand j’ai vu que c’était eux, ils m’ont dit 'monsieur, monsieur, vous êtes où ? Ne vous inquiétez pas'", précise Michel Catalano.

"Je l’ai soigné". "Il est rentré dans mon bureau, il saignait. Je lui ai dit 'si vous voulez, je peux vous soigner'. Le petit frère m’a dit 'oui', il s’est assis et je l’ai soigné. Ils m’ont dit 'ne vous inquiétez pas, on vous laissera partir'. Ils m’ont même dit à un moment 'ne partez pas maintenant, parce que vous allez vous faire allumer'". "Je suis donc à ce moment-là parti faire un autre pansement parce qu’il ne tenait pas. Le plus vieux était un peu groggy et le plus jeune a dit 'allez-y'", poursuit-il.

"Je me suis retourné, j’ai marché et je me suis dit 'est-ce que je dis qu’il y a Lilian ou pas ?'. Je suis descendu, sorti et j’ai prévenu qu’il était là. C’est là que c’est devenu difficile pour moi. Après ce fut très difficile pour moi tout le reste de la journée. J’étais soulagé quand on a appris qu’il était caché. Enfin soulagé… Je m’en serais voulu toute ma vie", conclut Michel Catalano. Au terme de 8 heure de siège, Lilian, que les frères Kouachi n'avait pas trouvé, est ressorti indemne de l’imprimerie.

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