EXCLU - Infanticide de Berck : "je ne peux pas lui pardonner"

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EXCLU - Infanticide de Berck : "je ne peux pas lui pardonner"
@ Max PPP
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EXCLU E1 - Le père d’Adélaide, la fillette de 15 mois abandonnée par sa mère sur la plage de Berck-sur-Mer en 2013, revient pour la première fois sur ce drame dont il ignorait tout.

Le 30 novembre 2013, M. se trouve chez lui, à Saint-Mandé, lorsqu'il reçoit un appel des enquêteurs. Ces derniers demandent à parler à Fabienne Kabou, sa compagne depuis 12 ans. Là, il apprend que sa fille de 15 mois est morte. Et que la mère est suspectée d’avoir abandonné leur enfant, quelques jours plus tôt, sur la plage de Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. La terre se dérobe alors sous les pieds du sexagénaire, persuadé que sa fille était élevée par sa grand-mère, au Sénégal. Aujourd'hui, il tient à donner sa version des faits, celle d'un père éperdu de chagrin.

Ecoutez le témoignage du père d'Adélaïde :



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"On l'adorait". Déjà père d’une adolescente, M., âgé d’une soixantaine d’années, ne souhaitait plus d’enfant. Pourtant, quand Adélaïde est née, il n’a jamais regretté sa présence, confiant partager avec elle de grands moments de bonheur. "C'était une petite fille merveilleuse. On l'adorait. Je me souviens même un soir, nous étions tous les trois ensemble, j'avais dit à Fabienne, dans un moment de tendresse : 'si ce n’est pas ça le paradis, je ne sais pas ce que c'est'", se souvient-il ému.

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"Elle est à moi". Mais Fabienne, qui a accouché en août 2012, alors que M. était en déplacement, lui a très vite fait comprendre que c’était son enfant, à elle. Quand il lui demande si la fillette a bien été déclarée, elle lui assure que oui. Mais selon l’enquête, Fabienne Kabou a probablement accouché à domicile, sans déclarer l’enfant. "Le fait que, juridiquement parlant, rien n'ait été fait, c'est plutôt de la responsabilité de Fabienne, puisqu'elle me disait qu'elle l'avait déclarée sous son nom. Elle m'a dit immédiatement : 'elle, elle est à moi'. Je pense que ça veut tout dire", résume le père de famille.

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"Pas du tout une petite fille de l'ombre". Il assure également que c’est grâce à lui que sa fille avait un lien avec l’extérieur. "Je m'en occupais quotidiennement, comme un père s'occupe d'une petite fille. Dès l'instant où je l'ai sortie, parce que j'étais le premier à la sortir, je l'ai exposée aux regards des autres. Les gens me voyaient avec elle. Ce n'est pas du tout une petite fille de l'ombre", assure-t-il.

"Je ne peux pas lui pardonner". Aujourd’hui, Fabienne Kabou, une femme décrite comme très intelligente et réfléchie, est poursuivie pour "assassinat sur mineur de moins de 15 ans par ascendant". Pour ces faits, cette femme de 37 ans encourt la perpétuité. Mais les premières expertises psychologiques pèsent en faveur d’une altération du discernement. Un avis partagé par M.. "Je ne peux toujours pas concevoir qu'elle ait pu faire ça. Je ne peux pas lui pardonner. Mais je pense, dans un sens, qu'elle n'est pas responsable", estime-t-il.

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"Ada est toujours là". En attendant le procès prévu fin 2015, M. reste anéanti par la disparition de sa fille. Et de conclure : "Un an après, j'essaie de me distraire, je n'y arrive pas. Je passe d'une maison à l'autre. Je ne sais pas où j'habite. Ada est toujours là, j'y pense tous les jours, tout le temps."