Imam de Valence : "ces militaires, ce sont nos enfants, nos frères"

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Imam de Valence : "ces militaires, ce sont nos enfants, nos frères"
@ PATRICK GARDIN / AFP
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L'imam Abdallah de la grande mosquée de Valence a tenu un office samedi, pour réunir les fidèles, très choqués après l'attaque, la veille, de quatre militaires en faction devant le lieu de culte.

Après l'agression de quatre militaires en faction devant la mosquée de Valence vendredi après-midi, l'émotion reste vive dans la communauté musulmane de la ville. L’imam de cette mosquée, réputée ouverte et tolérante, a tenu samedi un office pour réunir ses fidèles, toujours très choqués.

"Des fidèles sont venus me voir en larmes". "Des fidèles sont venus me voir en larmes, parce qu’on a tissé des liens de fraternité et d’amitié avec ces militaires. Ce sont nos enfants, nos frères", explique-t-il au micro d’Europe 1. "C’est incompréhensible pour nous qu’un acte comme celui-là soit commis à côté de notre mosquée."

'J'espère que c'est un acte isolé". Les motivations précises de l’homme qui a foncé sur les militaires sont toujours inconnues. L’individu, inconnu des services de police et de renseignements, est toujours à l’hôpital après les tirs de riposte qu’il a subi. Selon nos informations, son geste était délibéré et l’homme, inconnu des services de police, s’attaquait bien aux militaires. "D’après mes propres analyses, c’est un déséquilibré, un acte isolé, car il n’y a aucune cohérence dans ce qu’il a fait, donc j’espère vraiment que c’est le cas", a confié l’imam Abdallah.

Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) a, quant à lui, condamné "l'agression lâche" contre ces militaires. "Dans l'attente des résultats de l'enquête qui détermineront les véritables motivations de l'agresseur, le CFCM réitère son appel à la sérénité et à la vigilance à l'ensemble de nos concitoyens", a ajouté Anouar Kbibech, le président du CFCM.


Le procureur a indiqué que la garde à vue du suspect devrait être prolongée de façon imminente et que les enquêteurs ne disposaient d'aucun élément "qui puissent nous rattacher à un
acte terroriste". "Pour l'instant, on est vraiment dans ce qui nous semble être un comportement solitaire", a-t-il précisé lors d'un point de presse.

"Rien ne nous renvoie sur d'autres personnes, ou de sa famille ou des tiers, et notamment rien ne nous renvoie sur une appartenance à un réseau quel qu'il soit", a indiqué le magistrat. Il a encore précisé que l'homme, qui aurait crié "Allah est grand" en fonçant sur les militaires, n'était connu ni de la police ni des services de sécurité et qu'aucune arme ou explosif n'avait été trouvée dans sa voiture.