Hérault : tout un village "en deuil"

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Hérault : tout un village "en deuil"
A Florensac, des collégiens bouleversés@ EUROPE 1 BENJAMIN PETER
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Beaucoup de collégiens ont déposé des fleurs, en hommage à leur camarade.

Les élèves ont repris mardi matin le chemin du collège Voltaire de Florensac, dans l'Hérault, près de Béziers, le visage grave et les traits tirés, au lendemain de la mort de Carla, une jeune fille de 13 ans frappée par le frère d'une autre collégienne.

L'auteur présumé des coups mortels, placé en garde à vue après s'être rendu de lui-même à la gendarmerie, était toujours auditionné mardi.

"J'ai pensé à elle toute la nuit"

Mardi, beaucoup d'élèves ont été accompagnés au collège par leur famille. Au passage, ils ont accroché un bouquet à la grille, à l'endroit où la jeune fille est tombée sous les coups de son agresseur. "J'ai pensé à elle toute la nuit, j'ai pas mangé", a confié une collégienne avant de rentrer dans l'enceinte de l'établissement, situé dans un quartier résidentiel de ce ville de 4.700 habitants.

Fleur Hérault

© EUROPE 1 BENJAMIN PETER

Plusieurs élèves ont également fait part de la nuit agitée qu'ils ont passée. "Ça fait du mal, ce n'était que le début de sa vie", a estimé une jeune élève qui a assuré ressentir "beaucoup de tristesse".

"Ça fait mal de voir que Carla est partie trop tôt", a confié Céline. "On est encore choqués. C’est grave", a poursuivi Thomas. "C’était idiot d’avoir frappé pour une simple petite histoire. Ça ne servait à rien", a t-il conclu.

"Deux familles brisées"

L'émotion est aussi vive parmi les adultes. "C’est tout un village qui est en deuil, qui est meurtri. C’est un enfant qui s’en va", a rappelé Caroline, maman d'une collégienne. "C’est un enfant qui ne reviendra pas. C’est deux familles brisées. Et moi, j’ai mon enfant, je ne tiens pas à la remettre jusqu’à ce que ce soit terminé et on verra l’année prochaine".

Florence a passé une nuit difficile avec son fils Dorian. Elle souhaite que devant les psychologues, les élèves mettent des mots sur ce traumatisme. "Essayer d’enlever cette peur qui revient", a expliqué Florence. "Ils ont cette image. Que ça fasse ressortir même la haine qu’ils ont contre ce garçon, qu’ils puissent en parler pour faire ressortir un petit peu la colère".

"Il lui est tombé dessus"

Trois garçons de la classe de la victime sont revenus sur les faits dont ils ont été témoins. "On était là, elle a à peine franchi la grille, il lui est tombé dessus, il lui a mis des patates, il lui a foutu trois patates dans la bouche. On a voulu intervenir, il y a quelqu'un qui a réussi à le pousser et il est parti", a raconté l'un d'entre eux.

"Il y avait des adultes" sur les lieux, "il y avait aussi quelqu'un dans une voiture", "ils n'ont pas eu le temps d'intervenir, c'était déjà fini", a ajouté l'adolescent, qui a affirmé que l'agresseur avait "foutu un coup de pied" à la jeune fille une fois qu'"elle était tombée" à terre.

Ses camarades de classe ont décrit la victime comme "quelqu'un sans histoires, bonne élève". "On était des copains", a raconté l'un des garçons, qui la connaissait "depuis le CM1".

Samedi, les élèves ont décidé d’organiser une marche blanche pour rendre un dernier hommage à Carla.