Grenoble : amputé à 20 ans, il engage une procédure contre l'hôpital qu'il accuse de négligences

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Grenoble : amputé à 20 ans, il engage une procédure contre l'hôpital qu'il accuse de négligences
Thomas Veyret a subi un angioscanner plusieurs heures après sa prise en charge à l'hôpital (photo d'illustration).@ Richard Juilliart / AFP
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Une jeune homme amputé après une chute de trampoline veut faire la lumière sur des soins défaillants.

Il dénonce une "erreur" et va engager plusieurs procédures contre l'hôpital Nord de Grenoble. Thomas Veyret, 21 ans, a été victime d'une chute de trampoline en février dernier. La prise en charge de cet accident, jugée défaillante par le jeune homme et sa famille, conduira à la perte de sa jambe droite suite à une amputation, raconte Le Parisien, lundi.

Invité à rétablir lui-même sa luxation. Après sa chute, mardi 7 février, le jeune adulte se voit invité par le médecin régulateur du Samu, avec qui il communique au téléphone, à rétablir lui-même sa luxation du genou. "Ton genou, tu peux pas le remettre de l'axe ?", demande d'abord le régulateur du Samu. Face à la difficile réalisation de cette opération par le jeune homme, le régulateur s'impatiente : "Va doucement, mais j'attends depuis un moment, là…". "Comment imaginer que l'on impose à une victime choquée de faire elle-même, avec une seule main, l'autre tenant le téléphone, ce geste réservé à un professionnel ? Cela a contribué à la perte de sensibilité de sa jambe", accuse Me Edouard Bourgin, l'avocat de la famille et spécialiste du préjudice corporel.

Un angioscanner réalisé trop tard ? Ensuite, à l'hôpital Nord de Grenoble, on lui prescrit un angioscanner. Sauf que celui n'est pas réalisé à son arrivée à l'hôpital, vers 3 heures du matin, mais à 10 heures. Trop tard, selon la famille. Derrière son genou, l'artère "poplitée" est "arrêtée net" et le sang ne circule plus. L'après-midi, au moment de l'opération, le chirurgien anticipe déjà un "risque d'amputation majeure possible dans les prochains jours". Ce qui arrive finalement une semaine plus tard, alors que les muscles ne réagissent plus. "Je n'avais pas le choix. J'ai choisi de vivre", confie le jeune homme.

"Cumul de fautes". La procédure "devra faire toute la lumière sur ce cumul de fautes caractérisées. Nous allons au pénal pour entendre les explications des personnes impliquées, et ne pas être cantonnés à un débat entre experts et assureurs", prévient Me Édouard Bourgin, interrogé par Le Parisien.