L'inventeur de l'arnaque "aux faux virements" devant la justice

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L'inventeur de l'arnaque "aux faux virements" devant la justice
@ AFP
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Le pionnier de l'escroquerie aux faux virements aurait empoché plusieurs millions d'euros. Il est jugé à partir de lundi, à Paris, avec 17 autres prévenus.

Le principal intéressé ne sera pas présent au tribunal correctionnel de Paris, pour l'ouverture de son procès. Gilbert Chikli, qui vit en Israël, est soupçonné avec 17 autres prévenus, d'avoir escroqué une cinquantaine de grandes entreprises et banques françaises, entre 2005 et 2006. Le préjudice s'élèverait à 50 millions  d'euros.

"Escroc, je crois pas". Lunettes de soleil branchées, polo blanc sur peau hâlée, Gilbert Chikli affichait un sourire éclatant et une allure décontractée, dans le Grand Format du JT de France 2, diffusé dimanche. "Escroc, je crois pas. Parce qu'un escroc a pour objectif de gagner beaucoup d'argent, et moi de l'argent, j'en ai", déclare-t-il. Sur ces images, l'homme de 49 ans a de la gouaille et qualifie de "jeu" les accusations dont il est l'objet.

L'arnaque au président. Il est soupçonné d'avoir arnaqué de grandes entreprises ou banques comme la Barclays, le Crédit Agricole, mais aussi les Galeries Lafayettes ou Adidas. Le scénario de l'escroc était bien rodé : se faisant passer pour le président de l'entreprise - d'où le nom d'"arnaque au président" -, il demandait aux employés de ces sociétés d'envoyer de toute urgence de grosses sommes d'argent sur des comptes à l'étranger. Pour la seule année 2006, Gilbert Chikli aurait ainsi empoché 6 millions d'euros.

Le roi de la "déballe". "Par une déballe assez exceptionnelle il faut dire, on arrive à se faire remettre des virements ou des espèces de sommes assez importantes", frimait Gilbert Chikli, un brin mégalomane, devant les caméras de France 2. Parfois même l'homme ne manquant pas de culot, et estimant avoir "un don", se faisait passer pour un agent secret. Pour inciter l'employé à verser les sommes importantes, il appelait en disant être président de l'entreprise et expliquait que l'affaire devait rester secrète, donc qu'un agent secret viendrait récupérer l'argent en liquide à un endroit donné. Gilbert Chilki, après avoir raccroché en tant que PDG, rappelait ensuite en se glissant dans la peau de l'espion. C'est exactement ce qu'il s'est passé pour la directrice d'une agence de La Poste qui, en 2005, a ainsi remis 358.000 euros à l'escroc dans un café place de la Nation, rapporte Le Parisien.

Une arnaque qui a le vent en poupe. La supercherie, aussi appelée escroquerie aux faux ordres de virement internationaux, a fait des émules, puisque actuellement, pas moins de 700 sociétés se sont déclarées victimes pour plus de 350 millions de préjudice. Selon les journalistes de France 2, une quarantaine de salariés se seraient ainsi faits avoir par Gilbert Chikli. Une fois la supercherie découverte, tous ont perdu leur emploi.

Une histoire adaptée sur grand écran. Les affaires de cet escroc de haut vol vont par ailleurs donner lieu à un film, avec Julie Gayet et Vincent Elbaz, indique Le Figaro. Réalisé par Pascal Elbé, ce long-métrage reviendra sur la figure de Gilbert Chikli, qu'il a rencontré plusieurs fois en Israël pour écrire son scénario : "C’est un escroc à l’ancienne, un type infréquentable à moitié fou mais avec une histoire forte. Il a mon attention mais pas ma considération.", avait-il expliqué au site internet Tel-avivre, en novembre 2013.