Francis Heaulme jugé, Dils "satisfait"

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Francis Heaulme jugé, Dils "satisfait"
Patrick Dils est "satisfait" du renvoi de Francis Heaulme devant les assises pour les meurtres de Montigny-lès-Metz mais insiste sur la présomption d'innocence.
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EXCLU E1 - Après 15 années en prison à tort, il a néanmoins insisté sur la présomption d'innocence.

La réaction. "Je suis satisfait." Voilà les premiers mots de Patrick Dils, condamné à tort puis innocenté du double meurtre de Montigny-lès-Metz en 1986, après l'annonce du renvoi de Francis Heaulme devant une cour d'assises pour cette affaire. "Je ne saute pas de joie au plafond mais je suis satisfait que la justice persévère et qu'elle aboutisse à quelque chose de concret", a-t-il réagi au micro d'Europe 1. Mais "quel que soit l'individu, on n'a pas le droit de dire qu'il est coupable", a insisté celui qui a passé quinze ans en prison.

"La justice avance". "Je suis satisfait que la justice persévère. C'est quelque chose de bien dans le sens où il n'y a pas un dossier qui va se fermer définitivement, la procédure continue. La justice tant qu'elle est faite par les hommes, elle peut commettre des erreurs. Mais si elle ne se sert pas de ses erreurs pour évoluer, elle ne peut pas avancer. Là, elle démontre qu'elle peut avancer", a insisté Patrick Dils.

"Tourner la page". "C'est bien pour les familles des victimes mais aussi pour moi car je veux savoir ce qui s'est passé sur ce talus le 28 septembre 1986 et pourquoi j'ai perdu quinze ans de ma vie dans cette procédure. La première des choses a été mon acquittement, puis la reconnaissance de mon acquittement à travers une indemnité. Mais pour boucler la boucle, j'ai besoin, au même titre que les familles des victimes, de savoir ce qui s'est passé, pour définitivement tourner la page", poursuit l'homme aujourd'hui âgé de 42 ans.

"Présomption d'innocence jusqu'à la fin". Mais Patrick Dils refuse de porter un jugement Francis Heaulme. "Quel que soit l'individu, on n'a pas le droit de dire qu'il est coupable. Il doit bénéficier de la présomption d'innocence jusqu'à la fin, même Francis Heaulme. On a tous notre point de vue, mais ça sera à la justice de trancher. A l'époque je n'ai pas eu le droit à la présomption d'innocence, on m'a montré du doigt, traité comme le pire monstre sur terre alors que j'étais parfaitement innocent. Aujourd'hui, je ne ferai pas cette erreur", assure-t-il.

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