Enlèvement à Nice : "La fortune de la septuagénaire n'est pas la seule piste", selon le procureur

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Au lendemain de l'enlèvement en pleine rue d'une femme d'affaires septuagénaire à Nice, l'enquête a été confiée à la police judiciaire.

Tout est allé très vite. Comme au cinéma, comme dans les films de gangsters. Jacqueline Veyrac, 76 ans, a été enlevée par trois hommes, lundi, sur les coups de midi, en plein centre-ville de Nice. Une enquête pour "enlèvement et séquestration en bande organisée" et "association de malfaiteurs" a été ouverte et confiée à la police judiciaire. 24 heures après le rapt, il n'y a toujours aucune nouvelle de la septuagénaire. Et à ce stade, aucune piste n'est écartée. 

Contact avec les ravisseurs. Les ravisseurs de Jacqueline Veyrac, la femme d'affaires de la Côte d'Azur enlevée lundi en pleine rue à Nice, sont entrés en contact avec sa famille, a déclaré mardi Sophie Jonquet, l'avocate de deux de des trois enfants. Désemparés, les enfants de Jacqueline Veyrac n'ont pas fait de déclarations.

"Certaines choses sont peut-être d'ordre personnel". La septuagénaire, mère de trois enfants et veuve fortunée, a été accostée en pleine rue d'un quartier animé et bourgeois du centre-ville, dans son 4x4, par deux individus qui l’ont emmenée de force, en prenant soin de lui dissimuler le visage avec un vêtement. Ils l'ont ensuite contrainte à monter à bord d’un véhicule utilitaire blanc où était installée une troisième personne. Un témoin a assisté à la scène et a donné l'alerte.

"Certaines choses sont peut-être d’ordre personnel, qui peuvent être liées à sa fortune", a déclaré Jean-Michel Prêtre, procureur de Nice. "C’est l’hypothèse tellement évidente qu’on y pense tous mais ce n’est pas forcément la seule piste et à ce stade, tout est ouvert pour les enquêteurs."

"J'ai tout de suite pensé à elle". La veuve vit dans le quartier depuis plus de 30 ans et son voisinage parle d'elle comme d'une "femme charmante". La dirigeante de la pharmacie du coin a tout de suite compris ce qu'il se passait lorsque l'unique témoin de la scène a déboulé dans son officine : "J'ai tout de suite pensé à madame Veyrac", avoue-t-elle. "Parce qu'il y avait l'antécédent de 2013 qui avait échoué", poursuit-elle. Le motif de l'enlèvement importe peu pour la pharmacienne, qui souhaite simplement que la septuagénaire soit retrouvé "saine et sauve".

"Une affaire d'une grande gravité". Jacqueline Veyrac est la présidente du conseil d’administration du Grand Hôtel, un palace cinq étoiles sur la Croisette. Elle possède aussi un restaurant très coté à Nice. Pour Jean-Michel Prêtre, cette affaire est "prise très au sérieux", affirme-t-il. "C’est une affaire d’une très grande gravité, qui nécessite des investigations fines et, surtout, rapides." La riche veuve avait déjà été victime d'une tentative d'enlèvement avortée en 2013, un élément qui interpelle les enquêteurs même si, de l'aveu du procureur de Nice, il est encore prématuré de lier les deux événements.