DSK a pris la parole au premier jour du procès du Carlton de Lille

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DSK a pris la parole au premier jour du procès du Carlton de Lille
@ JOEL SAGET / AFP
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Dominique Strauss-Kahn s'est retrouvé lundi sur le banc des prévenus, accusé de proxénétisme aggravé, au premier jour du procès de l'affaire dite du Carlton de Lille.

Près de quatre ans après le scandale sexuel du Sofitel, qui avait brisé net sa carrière politique, Dominique Strauss-Kahn s'est retrouvé lundi sur le banc des prévenus, dans un autre dossier. Comme treize autres prévenus, il est accusé de proxénétisme aggravé dans l'affaire dite du Carlton de Lille. L’ancien patron du FMI est soupçonné d'avoir été au cœur d'un réseau de prostitution mis en place par ses amis du Nord. Ce qu'il a toujours démenti. Un enjeu de taille, puisque la peine oscille entre 10 ans de prison et une relaxe pure et simple, sachant que le parquet avait requis un non-lieu en juin 2013.

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DSK, l'air sérieux mais détendu. Vers 13h30, soit une demi-heure avant l'ouverture du procès, DSK était arrivé dans la salle du tribunal correctionnel. Contrairement aux autres prévenus, l'ex-patron du FMI n'est pas arrivé par l'entrée principale du palais de justice, mais par une porte à l'abri des regards et des médias. En costume noir et cravate foncée, il est apparu, devisant l'air sérieux mais détendu, les mains dans les poches, avec son avocat Me Henri Leclerc, selon les images retransmises par la télévision interne.

Ouverte peu après 14 heures par le président du tribunal, Bernard Lemaire, devant une salle comble où figuraient nombre de journalistes de la presse nationale et internationale, la première journée de ce procès s'est achevée cinq heures plus tard. Pendant l'audience inaugurale, l'ancien ministre socialiste a tenté de se détendre. Lorsqu'il ne pianotait pas sur son smartphone, il a notamment discuté avec son ami de soirée et voisin sur le banc des prévenus, Fabrice Paszkowski.

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La demande de huis clos rejetée. Entre-temps, les juges ont écarté tous les obstacles de procédure pour pouvoir entamer le débat de fond. Plusieurs avocats de la défense avaient notamment longuement plaidé la nullité du dossier, estimant qu'on leur avait caché un pan de l'enquête, en l'espèce des écoutes administratives. Saisi de cette requête en nullité, le tribunal a décidé de joindre au fond sa décision sur ce point. Et donc de poursuivre le procès et de débuter dès mardi l'examen des faits.

Le tribunal a par ailleurs rejeté lundi la demande de huis clos formée par les prostituées qui se sont portées parties civiles dans le procès. "Le tribunal rejette la demande de huis clos", a déclaré à l'audience le président du tribunal. Il a estimé que les parties civiles ont "toujours le choix de ne pas s'exprimer, qu'elles peuvent aussi se contenter de confirmer ou pas leurs déclarations ou de répondre aux questions qu'elles souhaitent et qu'elles estiment ne pas être attentatoires à leur dignité".

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Quelques questions à l’intention de DSK. Lundi soir, le tribunal a commencé à s'intéresser à la manière dont les prévenus se sont connus et rencontrés. Pour la première fois, DSK a donc été appelé à la barre. "Est-ce que vous connaissez M. Alderweireld (nom de famille de Dodo la saumure, ndlr) ou M. Kojfer (René Kojfer, chargé des relations publiques du Carlton et personnage central de l'affaire, ndlr)?", a interrogé le président du tribunal. "Non monsieur le président, je les ai vus pour la première fois aujourd'hui", a répondu fermement l'ancien patron du FMI.

Après quelques autres questions, le président lui dit : "On en reparlera la semaine prochaine". "Bien sûr", répond DSK, sobrement, avant de se rasseoir. Son témoignage n'est pas prévu avant le 10 février et devrait durer trois jours.

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Pour l'accusation, Dominique Strauss-Kahn, 65 ans, était "le roi de la fête" des nombreuses parties fines organisées avec des prostituées dans le Nord mais aussi à Paris, ou même, à trois reprises, à Washington, alors qu'il était encore à la tête du FMI. Pour sa défense, DSK, tout en admettant être adepte du libertinage, a toujours affirmé avoir ignoré la qualité des jeunes femmes participant aux soirées.