Dieppe : "j'ai vu arriver l'accident"

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Dieppe : "j'ai vu arriver l'accident"
La mère d'Alexandre raconte que son fils "ne s'est pas méfié".@ MAXPPP
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TÉMOIGNAGE - La mère de l'adolescent tué à Dieppe craignait pour sa vie depuis près d'un an.

Anéantie, elle a tout de même voulu parler de ce qu'elle appelle la chronique d'une mort annoncée. La mère d'Alexandre, 17 ans, tué de deux balles dans la tête puis brûlé en Seine-Maritime, a confié au micro d'Europe 1 que depuis presque un an, elle avait peur pour la vie de son fils. En mai 2011, lors d'une bagarre très violente, dans laquelle était impliqué l'un des adolescents aujourd'hui suspecté, Alexandre avait été laissé pour mort, avec un traumatisme facial et crânien. 

La justice n'avait prononcé qu'un simple rappel à la loi. Depuis ce jour, la mère d'Alexandre vivait dans la peur. "A chaque fois qu'Alexandre découchait, qu'il ne me tenait pas au courant, j'étais très inquiète le matin et je le harcelais au téléphone", décrit-elle, affirmant avoir "vu arriver l'accident".

"Je me suis effondrée" : 

 

"J'ai compris que mon fils était mort"

Mercredi matin, la mère a donc saisi son téléphone quand elle a vu que son fils n'était pas dans sa chambre. "J'ai appuyé sur la touche 'Alexandre', j'ai ouvert mes volets et j'ai vu un escadron de gendarmerie devant ma porte. Je me suis effondrée. J'ai compris que mon fils était mort", raconte-t-elle.

Les parents du camarade de son fils, qu'elle dit bien connaître, "ne considéraient pas que leur fils était dangereux, qu'il fallait s'en occuper un peu plus". Son fils, dit-elle, "était un garçon très gentil". Il tentait, selon sa mère, de se détacher de ce groupe d'anciens camarades de classe, habitués des cambriolages, et voulait, en quelque sorte, les forcer à s'en sortir en menaçant de les dénoncer. 

Alexandre "ne s'est pas méfié"

"Il ne s'est pas méfié", relate-t-elle. "Il est allé passer une petite soirée avec ses camarades et ils n'avaient qu'une seule idée, c'était de le voir mort", dénonce la mère, pour qui les adolescents suspectés ont entraîné son fils dans un "guet-apens" et l'ont "abattu de deux balles dans la nuque".

Et la mère d'affirmer que les meurtriers présumés "ont eu le plaisir, je pèse mes mots, de passer l'arme d'une main à l'autre pour avoir le plaisir de l'exécuter à deux".