"Des morts que je n'accepte pas"

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"Des morts que je n'accepte pas"
@ MAXPPP
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TÉMOIGNAGE E1 - La mère d'un des jeunes tués à Echirolles vendredi confie son incompréhension.

"Tout ça pour un mauvais regard". La mère de Kévin, l'un des jeunes hommes sans histoires tué à coups de couteau vendredi soir, à Echirolles près de Grenoble, est encore sous le choc. En hommage aux deux amis tués après une banale altercation entre lycéens, elle a donc décidé d'organiser une marche blanche dans le quartier mardi.

Contactée par Europe 1, la mère de famille témoigne toute son incompréhension face à ce drame. "Une histoire qui a duré deux heures conduit à deux morts. Tout ça pour un mauvais regard et après la réponse qui conduit à une espèce de spirale. Ça part comme ça, sans aucune justification", déplore-t-elle.

"C'est très douloureux"

Vendredi, vers 21 heures, les deux victimes, âgées de 21 ans, se trouvaient dans un parc de la Villeneuve, à Echirolles. Une quinzaine de personnes, à pied et à scooter, munies de couteaux, manches de pioche, marteaux et battes de base-ball, se sont alors abattues sur eux.

Les victimes, amis d'enfance, étaient inconnues des services de police. "Comme je dis, quand on part à la guerre on risque de mourir, mais on a pris le risque. Mais là, il n'y avait rien, c'est très douloureux. Les deux garçons étaient des garçons tranquilles. Ça fait trop mal. On meurt, mais il y a des morts que je n'accepte pas", confie-t-elle au bord des larmes.

"Ça fait trop mal" :

Selon des voisins, les assaillants seraient des jeunes habitants d'un autre secteur du quartier, situé sur Grenoble et séparé d'Echirolles par un centre commercial. Craignant un possible débordement entre les jeunes de ce quartier et ceux du quartier des victimes, Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur a annoncé le renforcement du dispositif policier.

"Pas de surenchère de violence"

Pour la mère de la victime, aucun regain de violence n'est à craindre dans son quartier tranquille. "Les jeunes ont été très dignes, les jeunes que je côtoie en tous cas, ceux de mon quartier, qui est un quartier paisible, je pense qu'on peut leur faire confiance, ils sont tellement  blessés. Ils ne peuvent pas être dans une surenchère de violence, ce n'est pas possible", estime-t-elle.