Debout la nuit contre les dealers : "on était excédé, on a tout tenté"

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CITÉ MOBILISÉE - Georgette, une habitante de la cité Paul Eluard, en Seine-Saint-Denis, a raconté jeudi à Europe 1 comment les locataires de sa tour s'étaient organisés pour lutter contre le trafic de drogue.

Tous les soirs depuis une semaine, elle reste jusque tard le soir au pied de la tour dans laquelle elle vit. Georgette, une habitante de la cité Paul Eluard, à Saint-Denis, fait partie de ces locataires qui ont décidé de passer la nuit dehors pour faire fuir les dealers. Entre les cris, les incivilités et la valse incessante des clients, les nuisances causées par le trafic étaient devenues insupportables. "On était excédé, on a tout tenté, on a prévenu partout", raconte Georgette, jeudi, au micro d'Europe midi.

"La dernière solution". En vain. Occuper le terrain avec des chaises, une table de camping et de quoi grignoter était donc "la dernière solution" trouvée par l'un des riverains. Au début, les trafiquants ont bien tenté de décourager les locataires. "Les premiers soirs, ils nous ont dit qu'on les dérangeait", se souvient Georgette. "On a eu la visite de ce qu'on a supposé être un chef. Il nous a demandé pourquoi on était là, nous a dit que de toute façon on n'allait pas tenir." Ils ont pourtant tenu et prévoient encore de redescendre jeudi soir. "On attend de retrouver le calme, de pouvoir dormir tranquillement."

Soutenus par la mairie et la police. Pour l'instant, l'initiative, soutenue par la mairie (PCF) de Saint-Denis et le bailleur social Plaine commune habitat, semble porter ses fruits. Certes, quelques voitures passent encore par la cité, mais Georgette estime que cela fait "deux ou trois jours" que les trafiquants "n'osent plus venir". Mercredi soir, les habitants ont même eu droit à "des rondes de police plus régulières". "Les policiers de la BAC [Brigade anti-criminalité] nous ont dit que c'était bien, qu'ils étaient avec nous." C'est parce que leurs effectifs sont insuffisants que les riverains ont été obligés de se mobiliser.

Avec, tout de même, toujours une pointe de crainte. "On a une petite inquiétude", reconnaît Georgette. Mais pas question d'abandonner. "La peur n'évite pas le danger."