Créteil : "Catwoman" jugée pour avoir voulu tuer son mari

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Créteil : "Catwoman" jugée pour avoir voulu tuer son mari
Photo d'illustration@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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L'ex-épouse d'un élu comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises de Créteil pour avoir voulu exécuter son mari, en juin 2011, alors qu'ils étaient en plein divorce. 

Les mains glissées dans des gants de latex blanc, la tête recouverte d'une cagoule, entièrement vêtue de noir… c'est dans cette tenue, qui lui a valu le surnom de "Catwoman", que Laurence Vulsin attendait son mari, revolver à la main, un soir de juin 2011. Cette femme de 48 ans est jugée à partir de mardi devant les assises du Val de Marne à Créteil pour avoir tenté d'assassiner son époux, un élu municipal, alors que le couple était en instance de divorce. A ses côtés, deux ex-policiers, Michel Gallière, 47 ans, et Jean-Noël Naturel, 53 ans, sont jugés pour "complicité de tentative d'assassinat". Les trois accusés comparaissent libres sous contrôle judiciaire.

Casque, cagoule et gants de latex. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 14 au 15 juin 2011. Il est minuit passé lorsque Christian Honoré, conseiller municipal divers droite de Valenton, dans le Val-de-Marne, rentre chez lui. A son arrivée, son domicile, une villa très chic de la commune de Saint-Maurice, située en bordure du bois de Vincennes, semble vide. Mais alors qu'il gare son scooter, celui qui est également assistant parlementaire au Sénat perçoit "quelque chose d'étrange" : un bruit dont il ne parvient pas à localiser l'origine. 

En ouvrant la porte d'entrée, il distingue à sa gauche une silhouette, qui marque un mouvement de recul avant de ramener son bras vers elle. L'homme referme aussitôt la porte et s'empresse d'appeler la police. Par la fenêtre, il aperçoit furtivement la silhouette du rôdeur qui lui paraît familière. Et pour cause, il s'agit de Laurence, son épouse. Arrêtée par la brigade anti-criminalité quelques instants après, elle est toute de noir vêtue, porte des gants en latex empruntés à son esthéticienne, son visage est recouvert d'un casque et d'une cagoule. Et dans ses mains, un revolver 22 long rifle…             

Un divorce douloureux. En garde à vue, Laurence Vulsin évoque un climat familial délétère. Depuis avril, le couple a entamé une procédure de divorce. L'épouse accuse son mari d'être violent avec elle et leurs enfants. Lui, d'après Le Parisien, se sent floué : tout le monde serait au courant que sa femme a pris un amant. Psychologiquement fragile, cette dernière a déjà fait plusieurs fugues et tentatives de suicide, et suit à l'époque un traitement médicamenteux. En mai 2011, leur vie de couple lui semble à ce point invivable, qu'elle se serait décider à "éliminer" son mari. "C'est un geste de désespoir", commente dans le quotidien son avocat, Me Patrick Arabian. 

Deux ex-policiers également jugés. Deux complices présumés comparaissent également avec Laurence Vulsin. Cette dernière aurait contacté ces deux policiers avec l'objectif de faire disparaître son mari. Elle a d'abord demandé à son ami Michel Gallière, enregistré dans son téléphone sous le pseudo "JF COPE", de lui trouver un tueur à gages. Ce garde du corps d'une haute personnalité  hésite, essaye de l'en dissuader, puis la met finalement en relation avec un intermédiaire.

Son nom de code ? "Le Père Noël", car l'homme s'appelle en réalité Jean-Noël Naturel. Quelques semaines plus tard, cet ancien légionnaire détaché du contre-espionnage français et Laurence Vulsin se rencontrent dans un café de la place de la Nation à Paris. Elle lui remet alors une photo de son mari, une fiche qui retrace ses habitudes et ses horaires ainsi qu'un acompte de 5.700 euros. 

Elle vend ses bijoux pour se procurer une arme. Mais le temps passe, et l'épouse s'impatiente. Elle décide alors de "faire le travail" elle-même et demande au "Père Noël" de lui fournir une arme contre 6.000 euros. Pour récolter la somme, elle revend des bijoux et deux sacs Hermès. L'échange aurait eu lieu le 13 juin, la veille des faits. Mais Jean-Noël Naturel nie fermement avoir fourni l'arme. "La seule chose qu’il admet, c’est de l’avoir rencontrée et d’avoir envisagé l’hypothèse de l’arnaquer", indique son avocat Me Cohen-Sabban, auprès de 20 Minutes.

Quant à Michel Gallière, il était, selon un expert, "impressionné par la personnalité" de Laurence Vulsin. Il se serait engagé dans cette affaire "sur un élan d'empathie", mais se serait vite retrouvé "dépassé" par les événements. Lors de l'instruction, ce policier originaire de Nîmes aurait expliqué avoir fait croire à l'épouse désespéré qu'il allait l'aider, dans le but d'obtenir ses faveurs sexuelles, rapporte Le Parisien. Le verdict est attendu mercredi 11 mai.