Côte d'Or : un maire jugé pour agression sexuelle

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Le procès du maire de Chevigny-Saint-Sauveur pour agression sexuelle s'ouvre mercredi. Dans la ville, les habitants sont dubitatifs.

Les appels à briser la loi du silence dans les affaires d'agressions sexuelles se multiplient suite après les révélations de Mediapart sur Denis Baupin. Dans le même temps, le procès d'un élu de Côte d'Or pour harcèlement et agression sexuelle s'ouvre mercredi près de Dijon. L'affaire avait éclaté en mars 2014 juste avant le premier tour des élections municipales. Michel Rotger, maire de Chevigny-Saint-Sauveur dans la banlieue de Dijon, est soupçonné d'avoir agressé une employée municipale. Cette affaire montre bien à quel point il est difficile de parler quand on a été victime, et difficile aussi de subir ensuite le jugement de l'entourage.

Des habitants dubitatifs. Depuis que le maire a été mis en examen pour agression sexuelle en 2014, Chevigny bruisse de rumeurs. Dans la petite ville de 10.000 habitants, beaucoup pensent que la victime cherche surtout à gagner de l'argent, tandis que d'autres avancent qu'elle a bien cherché ce qui lui est arrivé. "Je pense que c'est quand même quelqu’un de sérieux (le maire)", explique Claude, qui pense que le maire a été victime d'une machination politique. "On a défendu notre maire parce qu'il y a eu des rumeurs et on espère qu'il sera blanchi dans cette affaire", renchérit Régine.

Le courage de porter plainte. Ces discours, relayés partout, ont été vécus comme une violence par la victime. "Ma cliente a quand même fait une tentative de suicide avant d'être hospitalisée. Ça n’avait jamais été le cas auparavant dans toute sa vie de femme, je ne pense pas que ce soit pour faire du cinéma", explique son avocate. Dans la ville, l'employée municipale a tout de même de nombreux soutiens. Sur place, un habitant confiait par exemple admirer son courage de porter plainte et de remettre en cause le pouvoir du maire. "Dommage que beaucoup d'entre nous n'aient pas ce courage et préfèrent voir ce qui les arrange", conclut-il.