La Castellane : qui sont les auteurs des rafales de kalachnikov ?

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INTERVIEW E1 - Pour Frédéric Ploquin, grand reporter à Marianne et spécialiste du grand banditisme, les trafiquants de drogue sont derrière ces tirs qui ont paralysé le quartier lundi. 

Des policiers pris pour cible, des habitants confinés chez eux : la cité sensible de La Castellane à Marseille a pris des airs de fort retranché lundi après des tirs de Kalachnikov, le jour même de la visite de Manuel Valls dans la ville.

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Rafales de Kalach sur fond de trafic de stups. Tout a commencé par un coup de fil de riverains dans la matinée à la police: "cinq à dix" personnes, cagoulées, auraient tiré "en l'air" à la Kalachnikov au bas de l'une des tours de cet ensemble dégradé d'environ 7.000 habitants. Aussitôt, les forces de l'ordre prennent le chemin de cette cité des quartiers Nord, connu comme un haut lieu du trafic de drogues, dont le chiffre d'affaires quotidien atteindrait les 50.000 euros selon les services de police. C’est dans ce même quartier qu’un jeune homme de 25 ans a été abattu d'une balle dans la tête le 15 janvier, à la Kalachnikov, dans un règlement de comptes.

Le GIPN investit la cité. Trois véhicules de police, clairement identifiables essuient des tirs, a priori de Kalachnikov, en arrivant sur place. Une centaine d'hommes, dûment armés et casqués, bouclent les accès, condamnent le rond-point devant ces tours bétonnées quasiment sans espace vert, un espace labyrinthique replié sur lui-même qui a vu grandir Zinedine Zidane. Seuls quelques habitants passent encore, mais la presse est tenue à l'écart.

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A midi, le camion noir blindé siglé GIPN, appelé en renfort, commence à pénétrer lentement ces lieux que les trafiquants veillent en général à maintenir infranchissable à toute personne étrangère. Un hélicoptère de la gendarmerie surveille aussi l'opération. Un autre appareil sera également mobilisé plus tard. Vers 14 heures, les hommes du GIPN ont totalement investi ces lieux promis à un vaste programme de rénovation. Une cache d'armes est découverte dans un local inoccupé. Sept "Kalach" sont saisies et un peu de cannabis aussi.

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>> Frédéric Ploquin, grand reporter à Marianne et spécialiste du grand banditisme était l’invité d’Europe 1 mardi matin. Pour cet expert, les auteurs des ces rafales sont des trafiquants de drogue.



"Ce ne sont pas des gens qui dialoguent"par Europe1fr