Charlie Hebdo : quelles différences entre le GIGN et le Raid ?

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Charlie Hebdo : quelles différences entre le GIGN et le Raid ?
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RECHERCHES - Les unités d’élite de la gendarmerie et de la police sont mobilisées pour traquer les suspects de l’attentat de Charlie Hebdo.

Pour la première fois de leur histoire, le GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) et le Raid (Recherche, assistance, intervention et dissuasion) sont déployés sur un même théâtre d’opération. Leur objectif commun : traquer et trouver les deux frères suspectés d’avoir commis l’attentat contre Charlie Hebdo. Ces groupements d’élite, de la police nationale pour le Raid et de la gendarmerie pour le GIGN, sont souvent comparés. Car tous deux sont régulièrement amenés à gérer des situations à hauts risques, comme le contre-terrorisme ou des prises d’otages. Mais quelles sont les différences entre ces superflics et ces supergendarmes ?

>> DOSSIER SPÉCIAL - Les dernières infos sur l'attentat de Charlie Hebdo

>> Le GIGN :

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© AFP

Organisation. Créé en 1974, le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale est implanté à Versailles, dans les Yvelines. Le GIGN compte 380 hommes et femmes, regroupés au sein de 5 forces : intervention, protection, observation et recherche, appui opérationnel et formation. Les membres du GIGN ont aussi chacun leurs spécialités. On retrouve des plongeurs, des négociateurs, des maîtres-chiens ou encore des instructeurs.

Missions. Cette unité d’élite mène des missions de contre-terrorisme, de protection de personnalités à l’étranger ou de lutte contre le grand banditisme. Le GIGN intervient par exemple sur les détournements d’avions, de navire, et se déploie aussi en cas d’attaque nucléaire ou chimique. Mais le groupe d’intervention peut aussi être déployé sur des missions de police judiciaire, ou des prises d’otage, comme le RAID.

Faits d’armes. Le GIGN s’est fait une spécialité des interventions sur des avions. En 1977, une centaine de passagers avait été pris en otage à l’aéroport d’Orly, à Paris, avant d’être libérée. En décembre 1994, l’unité d’élite avait réalisé la spectaculaire libération de près de 170 passagers d’un Airbus d’Air France, à l’aéroport de Marignane. Les quatre preneurs d’otage, un commando islamiste, avaient été tués au cours de l’assaut.

>> Le RAID 

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© AFP

Organisation. La section d’élite de la police nationale compte environ 170 membres. Le Raid dépend de la Direction générale de la Police Nationale (DGPN) et ne peut intervenir que sur ordre du directeur général de la police nationale. Le Raid a une compétence locale autour de Paris, mais peut également intervenir sur tout le territoire si la situation nécessite du renfort.

Missions. Les missions du Raid sont sensiblement les mêmes que celles du GIGN : contre-terrorisme, protection de personnalités à l’étranger, prises d’otages ou encore filatures. L’unité d’élite peut, elle aussi, être réquisitionnée sur des missions de police judiciaire.

Faits d’armes. Le Raid a résolu avec succès plusieurs prises d'otage durant son histoire, avec notamment celle de la maternelle de Neuilly-sur-Seine en 1993. Mais la section d'élite est aussi à l'origine d'arrestations retentissantes. Citons pour l'exemple celle des membres d'Action directe en 1987 quelques mois après la création du Raid, et la capture d'Ivan Colonna en 2003. L’unité d’élite est également intervenue en 2012 à Toulouse pour neutraliser Mohamed Merah, qui avait été tué dans l’assaut.

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