Tuerie de Charlie Hebdo : un lycéen entendu

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Tuerie de Charlie Hebdo : un lycéen entendu
@ Walid Berrissoul/Europe1
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Un homme de 18 ans s'est rendu au commissariat de Charleville-Mézières, après l'attaque de Charlie Hebdo mercredi.

Après l'attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo mercredi, qui a coûté la vie à 12 personnes et blessé 11 autres dont quatre grièvement, l'enquête de police progresse. Les enquêteurs ont diffusé un appel à témoins avec la photo de deux frères, suspectés d'être les principaux auteurs de l'attentat. Un troisième homme s'est présenté à la police mercredi soir et a été placé en garde à vue.

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• L'INFO : UN HOMME S'EST RENDU A LA POLICE 

Le plus jeune des trois hommes recherchés dans l'enquête sur l'attaque de Charlie Hebdo s'est rendu mercredi soir au commissariat de Charleville-Mézières, dans les Ardennes, et a été placé en garde à vue, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier. Mourad Hamyd, 18 ans, soupçonné d'avoir aidé les deux tireurs, s'est rendu "vers 23h00 après avoir vu que son nom circulait sur les réseaux sociaux", a expliqué une source proche du dossier.

Une porte-parole du Parquet de Paris a insisté sur le fait que le jeune homme né en 1996 "ne s'est pas rendu" mais s'est présenté de son plein gré aux autorités mercredi en fin de soirée. "Il a été interpellé et placé en garde à vue", a confirmé une autre source proche du dossier, affirmant aussi que "plusieurs gardes à vue" étaient en cours "dans l'entourage" des deux frères recherchés dans cette affaire, Chérif et Saïd Kouachi.

"Il n'est pas le suspect principal dans cette affaire", avance Didier François, spécialiste des questions de défense d'Europe 1. Mourad Hamyd "n'est pas un des deux tireurs" et il "n'est même pas certain qu'il ait été sur les lieux de l'assaut", explique-t-il. Ce que l'on sait, c'est qu'"il serait le beaux-frère d'un des deux tireurs". Les enquêteurs s'interrogent sur son rôle précis, il est suspecté d'avoir été "le logisticien du groupe qui aurait pu faire soit des repérages, soit en aidant les assaillants dans leur fuite", analyse Didier François. 

• LE TEMOIGNAGE D'UN PROCHE

"J’ai d’abord cru que c’était un homonyme". C’est par la presse qu’Anis, jeune lycéen de Charleville, a appris que son camarade était suspecté dans l’attaque de l’hebdomadaire satirique. "Je lui ai envoyé un message parce que j’ai d’abord cru que c’était un homonyme. Il ne comprenait pas, il avait l’air paniqué. Il a envoyé un message à un autre ami à nous pour lui dire qu’il allait à la police avec son père pour tirer les choses au clair ", rapporte le lycéen.

"Paris-Charleville, 300 km, ce n’est pas possible". "Au moment des faits, Mourad Hamyd était justement avec moi. J’ai envoyé un SMS à sept personnes de sa classe et ces personnes m’ont confirmé qu’il était présent en cours de huit heures à midi", poursuit Anis. "A huit heures, on a pris le bus ensemble. Après, je l’ai vu à la pause de 10 heures. A 11h50, on a repris le bus ensemble. Donc, Paris-Charleville, 300 km, ce n’est pas possible", assure-t-il.

• LA POLICE DIFFUSE UN APPEL A TÉMOINS :

Un appel à témoins avec les photos des Kouachi, les deux frères recherchés dans l'enquête sur l'attentat contre Charlie Hebdo, a été diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi par la police. Ces personnes, Chérif et Said Kouachi, 32 et 34 ans, sont "susceptibles d'être armées et dangereuses", prévient la préfecture de police de Paris, précisant qu'ils "font l'objet de mandats de recherche". 

Toute personne détenant des informations sur les suspects est invitée à joindre le numéro vert 0805 02 17 17.

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• LE BILAN PROVISOIRE.

L'attaque contre l'hebdomadaire satirique a fait douze morts mercredi, le plus grave attentat en France depuis plus d'un demi-siècle. Les dessinateurs historiques de Charlie Hebdo, Charb, Cabu, Wolinski, Tignous et Honoré figurent parmi les victimes. Bernard Maris, économiste médiatique et chroniqueur sur France Inter, a également été tué ainsi que le Clermontois Michel Renaud, la psychiatre Elsa Cayat et le correcteur de l'hebdomadaire Mustapha Ourrad. Un agent de maintenance, Frédéric Boisseau, a aussi été exécuté. Onze autres personnes sont blessées, dont quatre grièvement et "dans une situation d'urgence absolue", selon Bernard Cazeneuve.

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