Casseurs, gaz lacrymogène et grenades assourdissantes : récit d'un 1er mai mouvementé

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Le défilé du 1er mai et le rassemblement "Nuit debout" ont été fortement perturbés par des groupes de casseurs.

Le 1er mai a été particulièrement agité cette année, tant lors du traditionnel défilé que pour le mouvement "Nuit debout". La tension est montée dès le début de la manifestation, dans laquelle certains jeunes portaient des foulards et des masques de plongés. Les manifestants se sont très vite énervés que le tempo de la marche soit donné par la police. "Et pourquoi là ils bloquent ? C'est hallucinant. Ils sont en face de nous et nous empêchent de passer", s'est indignée une manifestante auprès d'Europe 1. "Y'a rien de mieux pour faire de la provocation. Ça, ça crée des incidents", jugeait un autre participant.

Forte présence policière. En plus de sécuriser l'avant du cortège, les policiers occupaient également les trottoirs. Une forte présence qui a alimenté la colère des manifestants, dont certains se sont mis à scander "le trottoir est à nous". Un groupe de 200 jeunes, dont certains âgés d'à peine 15 ans, a également bloqué une quinzaine de CRS contre un mur. Planche de bois, feu d'artifice jetés au sol ou encore palissades en métal arrachées d'un chantier... Tout au long du cortège, les casseurs, à peine éloignés par les tirs de gaz lacrymogène, ont utilisé de nombreux projectiles.

"Œil pour œil, crâne pour crâne". Entre deux barrières de policiers, le noyau dur violent de la manifestation, entre 1.000 et 2.000 personnes, a été bloqué pendant un peu plus d'une heure. Sur place, certains slogans ont fait référence au jeune gravement blessé à Rennes jeudi dernier. "Œil pour œil, crâne pour crane", pouvait-on ainsi entendre. A l'arrivée du cortège sur la place de la Nation, la plupart des manifestants syndicaux étaient amers et dénonçaient "une incroyable provocation de la police", expliquant "n'avoir jamais vu une manifestation du 1er mai aussi détruite".

Poursuite du mouvement sur la place de la République. Suite à la dispersion des manifestants à l'arrivée du cortège, la place de la République - où se trouve le mouvement "Nuit debout" - s'est alors remplie. Après la démonstration de force des policiers à Nation, où les affrontements ont été bien moins spectaculaires que jeudi dernier, ce rendez-vous allait sonner comme la revanche des casseurs. Pendant que le rassemblement de "Nuit debout" se poursuivait dans le calme avec ses débats et ses concerts, plusieurs dizaines de manifestants cagoulés ont jeté des bouteilles et des pavés sur les CRS qui encerclaient la place. Les forces de l'ordre ont alors fait usage de grenades assourdissantes pour reprendre le contrôle de la place.

"Une revanche". Malgré cette tentative de dispersion, certains casseurs ont réussi à mettre le feu à un canapé à l'entrée de la station République - dont les grilles avaient été fermées - au centre de la place. D'autres se sont attaqués à une vitrine. "C'est un peu la suite de la manif parce qu''on s'est fait arrêter au moins quatre fois sur le parcours par des chaînes de CRS, ce qui est totalement intolérable et participe juste à provoquer les manifestants. Là c'est un peu une sorte de revanche", admet Thomas, un habitué de "Nuit debout". "C'est pas la police qui donne les ordres, c'est bien le ministère et la préfecture qui le font, donc ce sont eux qui font une démonstration de force", regrette de son côté Fabien.

A la fin de la manifestation, en début de soirée, 18 personnes avaient été interpellées.